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Économie africaine : ce qu’il faut retenir de 2014

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Économie

Bilan 2014 : l’économie africaine poursuit sur sa lancée

Si l’épidémie d’Ebola, le durcissement de la menace islamiste et la chute des cours du pétrole ont fortement affecté les économies africaines en 2014, il est important de se rappeler que le continent a connu sur l’ensemble de l’année écoulée une santé économique presque insolente, loin de la crise européenne ou du ralentissement de l’Asie et de nombreux pays émergents.

Mis à jour le 6 janvier 2015 à 17:25

L’Afrique devrait conserver une croissance de l’ordre de 5 % en 2015. © Montage JA

Pendant que l’Occident reste empêtré dans la crise et que l’Asie confirme son ralentissement, l’Afrique continue d’afficher en 2014 une santé économique presque insolente.

Bons résultats

Avec un taux de croissance annuel compris entre 4,8 et 5,1 % selon les institutions financières internationales, le continent fait mieux que partout ailleurs, à l’exception de la Chine, et renforce l’image de terres d’opportunité qu’il véhicule ces dernières années auprès des investisseurs du monde entier.

Avec un taux de croissance compris entre 4,8 et 5,1 %, le continent fait mieux que partout ailleurs, à l’exception de la Chine.

Pour afficher ces bons résultats, la croissance africaine a bénéficié des cours relativement élevés des produits de base sur une bonne partie de l’année, de l’intensification des liens commerciaux avec les économies émergentes, de l’augmentation de la demande intérieure soutenue par l’arrivée confirmée d’une consommation locale et de l’affectation des dépenses publiques vers les infrastructures indispensables au développement du continent.

Dans le même temps, les pressions inflationnistes se sont relâchées dans de nombreux pays, grâce à la stabilisation des prix énergétiques et alimentaires.

Enfin, l’amélioration constatée de la gouvernance et de la gestion économique à travers le continent s’est traduite par la stabilisation des soldes budgétaires et des comptes courants, améliorant à la fois la situation macroéconomique et le climat des affaires.

Économie africaine en 2014 :

Les secteurs les plus innovants
– 14 personnalités qui ont marqué l’année
– Cyrille Nkontchou : « Le bilan boursier pour 2014 est plutôt positif »
14 événements qui ont marqué 2014
Fusions & acquisitions : 2014, l’année des changements
Private Equity : en 2014, les acteurs globaux ont fait la loi

Investissements

La confiance des secteurs privés africains et étrangers s’est donc raffermie et le flux d’investissements vers le continent en a profité pour atteindre de nouveaux sommets.

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Selon les chiffres de la Banque africaine de développement (BAD), les apports financiers extérieurs (dons, crédits, investissements…) ont franchi en 2014 la barre des 200 milliards de dollars, soit quatre fois le montant de 2000.

Dernier facteur positif pour la croissance africaine, le rebond enregistré par la production agricole dans la plupart des régions suite à des conditions météorologiques globalement favorables.

Développement

Mais comme le répètent les économistes, « la croissance n’est pas synonyme de développement ». Et si l’Afrique connaît depuis dix ans un taux de croissance sans précédent à l’échelle du continent, une grande partie de sa population continue de végéter dans la pauvreté, le chômage et les inégalités économiques.

Même si le pourcentage de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté [moins de 1,25 dollar par jour] continue de diminuer sur le continent. D’après la Banque mondiale, il représenterait actuellement moins de 45 % de la population totale contre plus de 58 % au début des années 90.

Voir aussi : 

– Quinze ans de « nouvelles politiques de développement » en Afrique, pour quel bilan ?

– Conjoncture : l’Afrique qui sourit, celle qui fait la grimace…

– Rolf Traeger : « Éradiquer l’extrême pauvreté et la faim avant 2030 est ambitieux mais reste possible »

Transformation structurelle

« Pour que la croissance soit inclusive, l’Afrique doit poursuivre sa mutation d’une économie d’exportation vers une économie de consommation », résume un expert de la banque mondiale.

Pour cela le continent doit accélérer sa révolution structurelle, à commencer par son industrialisation, seule à même de fournir les emplois qui manquent tant à l’Afrique.

Surtout que l’épidémie d’Ebola qui sévit depuis le printemps en Afrique de l’Ouest et la chute des cours des matières premières constatées depuis déjà plusieurs mois et qui pourrait durer jusqu’en début 2016, ne manqueront pas de poser de nouveaux défis économiques au continent.

Côté positif : ces nouveaux défis et les crises qui ont frappé les économies africaines surtout durant la seconde moitié de l’année peuvent également être considérés comme des tests de résistance pour un continent qui s’apprête à franchir une téape décisive dans son développement économique. 

—–>>>> Découvrez le n°2816-2817 de Jeune Afrique : « 2015, l’année de tous les défis »<<<<—–