Société

France : les actes racistes ont fortement diminué en 2016, selon le ministère de l’Intérieur

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Mis à jour le 1 février 2017 à 11:00

Le ministre l’Intérieur Bruno Le Roux en déplacement en Seine-Saint-Denis le 22 décembre 2016.

L’année 2015 avait enregistré un record d’actes racistes, antisémites et antimusulmans. Ceux-ci ont nettement reculé en 2016, a annoncé mercredi le ministère de l’Intérieur, qui s’inquiète néanmoins de la hausse constante du nombre d’atteintes aux lieux de culte chrétiens.

Une diminution de 44,7% ! Le bilan global du ministère de l’Intérieur, qui recense 1 125 actes racistes en 2016, est en nette amélioration par rapport à l’année précédente. Dans le sillage des attentats jihadistes de janvier et novembre 2015, la France avait alors franchi pour la première fois le seuil des 2 000 actes (2 034 exactement).

Ces actions (violences, incendies, dégradations…) et menaces (propos, inscriptions, courriers injurieux, etc.) correspondent aux faits ayant donné lieu à une plainte ou une main courante.

Les actes antisémites et les actes antimusulmans connaissent une forte diminution presque identique, de 58,5% pour les premiers (335 en 2016 contre 808 l’année précédente) et 57,6% pour les seconds (182 contre 429). Mais la baisse est moindre concernant les actes racistes au sens strict, de l’ordre de 23,7 % (608 contre 797).

Des actes qui « salissent la République »

Pour l’Intérieur, cette franche amélioration est le « fruit des actions entreprises par le gouvernement », après le lancement en avril 2015 d’un plan d’action à 100 millions d’euros pour « lutter contre le racisme, l’antisémitisme et toutes les formes de discrimination liées à l’origine ou à la religion ».

« Grâce à une mobilisation sans précédent des services de l’État, nous avons d’ores et déjà obtenu des résultats très encourageants, comme en témoignent les chiffres de l’année 2016. C’est là une véritable satisfaction », indique dans une déclaration écrite à l’AFP le ministre de l’Intérieur, Bruno Le Roux, qui dit toutefois se garder de tout « triomphalisme ».

« Face au racisme, à l’antisémitisme, aux actes antimusulmans et antichrétiens, nous ne devons pas relâcher la garde, bien au contraire », ajoute-t-il, en affichant une « vigilance maximale ». « Nous continuons, et nous continuerons toujours, à lutter contre ces actes absolument intolérables, qui salissent la République ».

Une recrudescence des actes antichrétiens

Un point noircit le tableau : les atteintes aux sites chrétiens (lieux de culte et sépultures), comptabilisées à part, ont augmenté de 245% entre 2008 et 2016.

Avec 949 faits en 2016, en hausse de 17,4 % par rapport à 2015, ils représentent 90% du total des atteintes aux lieux de culte (chrétiens, juifs ou musulmans), selon la Place Beauvau, qui note que tous ces actes n’ont pas de motivation religieuse. Les édifices chrétiens sont aussi de loin les plus nombreux, avec plus de 45 000 églises et temples en France, pour quelque 2 500 mosquées et 500 synagogues.

Une partie importante de ces atteintes aux lieux chrétiens sont des actes de vandalisme (399) et des vols d’objets cultuels (191), selon les données du ministère, qui font état plus précisément de 14 faits se réclamant d’une motivation « satanique » et de 25 actes « à connotation anarchiste ».

Des patrouilles pour protéger les sites

Face à cette « tendance de fond », l’Intérieur met en avant le « dispositif déjà existant » pour assurer la sécurité des sites : des patrouilles protègent 2 400 lieux de culte chrétiens, sans compter les édifices musulmans (1 090) ou juifs (817 synagogues, écoles et centre communautaires).

En outre, le Fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD) a mobilisé 12,5 millions d’euros en deux ans pour doter les lieux confessionnels les plus sensibles d’équipements de sécurisation et de vidéoprotection.