Politique

RDC : l’armée accuse l’ex-chef rebelle Makenga d’avoir tué trois personnes après le crash d’un hélicoptère militaire dans l’Est

L’armée congolaise a accusé ce mardi Sultani Makenga, chef de l’ex-rébellion du M23, d’avoir tué trois personnes et d’en avoir kidnappé une autre après le crash de deux hélicoptères militaires près de la frontière entre la RDC et l’Ouganda.

Mis à jour le 31 janvier 2017 à 22:26

Sultani Makenga, chef militaire du M23, le 8 juillet 2012 à Bunangana, dans l’est de la RDC. © Marc Hofer/AP/SIPA

Pour le général-major Léon Mushale, il n’y a pas l’ombre d’un doute : Sultani Makenga et ses hommes sont de nouveau sur le territoire congolais.

Au cours d’un point de presse tenu ce mardi 31 janvier à Goma, dans l’est de la RDC, ce commandant de la troisième zone de défense de l’armée congolaise a accusé l’ancien chef rebelle, vaincu fin décembre 2013 et exilé depuis en Ouganda, d’avoir « torturé » et « tué trois personnes » qui étaient à bord d’un hélicoptère militaire tombé « dans un tourbillon » vendredi 27 janvier près du mont Mikeno.

À en croire le général, l’ex-chef rebelle « se trouvait dans les parages » au moment du crash. Une fois alerté, il aurait envoyé ses troupes pour chercher le personnel de l’hélicoptère. Quatre personnes auraient ainsi été conduites auprès de Sultani Makenga « au pied du mont Mikeno » et l’appareil de l’armée aurait été détruit.

Empoisonnement et « actes de torture » ?

Dans sa déclaration à la presse, le général-major Léon Mushasa affirme que « Sultani Makenga a donné l’ordre qu’on donne à boire » aux quatre personnes. Trois auraient succombé après avoir ingurgité la boisson qui leur était présentée, a-t-il expliqué, sous-entendant qu’elles auraient été empoisonnées, après avoir subi « quelques actes de torture » selon lui.

Le même jour et presque simultanément, un autre hélicoptère militaire est également tombé accidentellement. « Les cinq personnes qui étaient à bord ont toutes eu la vie sauve parce que les éléments du M23 n’étaient pas au courant de ce second crash », assure à Jeune Afrique une source au sein de l’armée congolaise.

« Il y avait deux officiers congolais et trois membres de l’équipage de nationalité étrangère [à bord]. Nous les avons conduits rapidement dans les centres hospitaliers pour des soins », ajoute-t-elle.

Quatre ex-rebelles tués dans l’accrochage

« Il y a eu contact avec les éléments de Makenga près du mont Mikeno », soutient le major Guillaume Ndjike, porte-parole de l’opération Sokola 2.

Outre les trois personnes tuées par les hommes de Makenga si l’on en croit l’armée congolaise, et dont la nationalité n’a pas été dévoilée, il a été fait état de la mort de quatre ex-rebelles, tués lors de cet accrochage.

« Un des éléments de l’armée », présent dans l’hélicoptère, aurait été kidnappé par les ex-M23 dans leur fuite, a ajouté le major Guillaume Ndjike.

« Rien ne nous permet aujourd’hui de confirmer que ce sont bien des hommes de l’ex-M23 qui sont intervenus après le crash pour attaquer l’armée congolaise », rétorque de son côté Salomon Baravuga, porte-parole de l’Alliance pour le salut du peuple congolais (ASD), qui se présente comme un parti politique issu d’une faction du M23.