Société

Tunisie : la direction de l’UGTT fait peau neuve, ou presque

Le siège de l'UGTT, à Tunis.

Le siège de l'UGTT, à Tunis. © Citizen59 /CC/Wikimedia Commons

Sans surprise, après son 23e Congrès, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) consolide son assise et mise sur la continuité. Une première, toutefois est à noter : une femme intègre le bureau exécutif du syndicat.

Pas de guerre de succession, ni de batailles rangée : c’est avec une large majorité que la liste dite consensuelle, menée par Noureddine Taboubi et composée de treize membres dont neuf issus du bureau exécutif sortant, prend le gouvernail de la principale centrale ouvrière tunisienne.

Ce vote se situe dans le droit fil de la tradition de l’UGTT, qui a toujours préféré transmettre le flambeau à ceux qui préserveraient les équilibres internes. La présence de figures de gauche au sein du bureau pourrait ainsi permettre de contenir la tendance conservatrice du nouveau secrétaire général.

Une femme au bureau exécutif

Avec le rôle majeur joué par le bureau sortant − qui a imposé le dialogue national, permis d’éviter à la Tunisie une guerre civile en 2013 et obtenu pour cela le prix Nobel de la paix 2015 −, il sera difficile au nouvel exécutif de mettre la barre plus haut. Mais il devrait œuvrer dans la continuité d’une organisation qui a également une mission nationale.

Par ailleurs, ce 23ème Congrès annonce la mue de la centrale, puisque pour la première fois, une femme, Naïma Hammami, intègre le bureau exécutif. « Trop peu » selon des observateurs, « un premier pas » pour d’autres.

Les militantes qui représentent 48% des adhérents, ont donné de la voix et protesté publiquement sur les lieux du Congrès pour que l’organisation ouvrière ouvre ses structures aux femmes. Elles ont obtenu que le règlement intérieur soit revu et intègre un quota de deux femmes au moins dans les différentes structures exécutives de la Centrale. Une décision qui, pour être conforme au règlement intérieur, ne sera applicable qu’à partir du prochain congrès en 2022.

« L’UGTT ne cherche pas la bagarre »

Faute de contrat social clairement établi, l’UGTT devra composer avec le patronat au coup par coup et surtout tirer avantage des négociations sociales du printemps prochain. Rien n’est joué d’avance au vu de la crise économique du pays.

À peine élu secrétaire général, Noureddine Taboubi annonce la couleur : « Le gouvernement et le patronat devront respecter leurs engagements. L’UGTT ne cherche pas la bagarre, mais à garantir les droits des travailleurs ainsi qu’un bon climat social. L’heure n’est pas aux accusations mutuelles. »

Au lendemain de son 23e congrès, l’UGTT prend les mêmes mais doit éviter de recommencer. Il lui faudra se consacrer à la refonte de ses structures afin d’éviter la sclérose. S’ouvrir aux jeunes, donner des mandats définis dans le temps aux secrétaires généraux, s’ouvrir davantage aux femmes… Autant de décisions-clés, qui permettront à l’UGTT de ne pas rester à la croisée des chemins.

Création d’une caisse d’allocations chômage

Représentant un contre-pouvoir certain, la centrale devra aussi être force de proposition et participer à une nouvelle approche du travail, notamment en soutenant la création d’une caisse d’allocations chômage.

Certains alertent déjà le syndicat sur sa politique de bras de fer avec le gouvernement, sa propension à susciter des tensions sociales  et l’enjoignent de tenir compte de la situation du pays contraint de s’endetter pour servir les augmentations salariales. Un appel que l’UGTT risque de ne pas entendre.

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