Politique

Burundi : le gouvernement reconnaît des « irrégularités » dans l’enregistrement des électeurs

À l’issue d’une réunion avec les gouverneurs de province, Edouard Nduwimana, le ministre burundais de l’Intérieur, a reconnu que le processus d’enregistrement des électeurs en cours était entaché d’irrégularités.

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Mis à jour le 1 décembre 2014 à 19:29

Pierre Nkurunziza, le président burundais. © AFP

"Concernant certaines irrégularités qui sont soulevées, je vous dirais qu’il y en a pas mal, dont certaines relèvent de l’administration, comme la distribution de la carte nationale d’identité", a déclaré à la presse, le 1e décembre, Edouard Nduwimana, après une rencontre sur ce sujet avec les gouverneurs de province.

Le ministre burundais de l’Intérieur réagissait aux nombreuses irrégularités dénoncées régulièrement par l’opposition, la société civile et les médias indépendants du Burundi depuis le début de l’enrôlement des électeurs qui a débuté le 24 novembre et doit se terminer le 7 décembre.

Peu avant cet aveu d’Edouard Nduwimana, l’Alliance démocratique pour le changement (ADC-Ikibiri), la grande coalition de l’opposition qui regroupe une dizaine de partis politiques, a annoncé lundi même qu’il se "retire immédiatement des démembrements de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) en raison de nombreuses irrégularités observées qui sont de nature à fausser totalement le fichier électoral".

Il s’agit des Commissions électorales provinciales indépendantes (Cepi) et des Commissions électorales communales indépendantes (Ceci), chargées d’organiser les élections au niveau des communes et des provinces.

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"Distribution massive de cartes"

"Cette tricherie passe par une distribution massive de cartes d’identité aux seuls membres du parti au pouvoir pour qu’ils se fassent enrôler seuls, en les refusant systématiquement aux sympathisants d’opposition, par des Cepi et des Ceci dominés totalement par le parti au pouvoir et par une Ceni aux ordres", a dénoncé l’opposant Léonce Ngendakumana, assurant toutefois que l’ADC-Ikibiri comptait bien se présenter aux élections de 2015.

Depuis une semaine, les médias privés ont de leur côté relevé également de nombreux cas de fraudes. Par exemple, des responsables locaux du parti au pouvoir surpris en train de distribuer des cartes d’identité et des militants arrêtés pour en avoir détenu plusieurs.

"La plupart de ces irrégularités sont dues à la précipitation avec laquelle ces cartes d’identité sont distribuées car beaucoup de nos concitoyens n’en disposent pas", a tenté de se justifié d’Edouard Nduwimana, assurant avoir pris des dispositions pour que ces irrégularités cessent.

Selon la loi électorale du Burundi, les électeurs doivent présenter une carte d’identité pour se faire enregistrer. Mais la Ceni permet aujourd’hui la présentation d’une carte de baptême, d’un permis de conduire, d’une carte professionnelle si l’on se présente accompagné par deux témoins et le chef de sa colline.

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(Avec AFP)