Sport

Algérie – Tunisie : deux équipes, deux épopées

Les matchs Tunisie-Algérie suscitent toujours une grande ferveur chez les supporters des deux équipes.

Les matchs Tunisie-Algérie suscitent toujours une grande ferveur chez les supporters des deux équipes. © Christof Stache/Marcio Jose Sanchez/AP/SIPA

Deux grandes confrontations ont marqué l’histoire du football entre l’Algérie et la Tunisie. La première renvoie aux phases de qualification pour la Coupe du monde de 1978 en Argentine. La seconde à la qualification pour la Coupe du monde de 1986 au Mexique.

Nous sommes dimanche 6 février 1977. Le stade olympique d’Al Minzah, à Tunis, est plein comme un œuf. Après avoir éliminé le Maroc au tour précédent, la Tunisie affronte l’Algérie du coach Rachid Mekhloufi, légende du football et ancienne gloire de l’AS Saint-Étienne.

Conduite par un entraîneur charismatique, Abdelmajid Chetali, l’équipe tunisienne peut compter sur son meneur de jeu, Tarek Dhiab, sacré ballon d’or africain 1977 par le magazine France Football.

Les Tunisiens dominent la rencontre en battant les Algériens par deux buts à zéro. Véritable poison, Dhiab s’est même permis le luxe de rater un penalty en première période.

Guerre psychologique

Le match retour à Alger s’annonce difficile mais pas impossible. Pour arracher la qualification pour le tour suivant, les Algériens placent leurs espoirs dans Mustapha Dahleb, la star qui fait les beaux jours du PSG. Avant la confrontation prévue au stade du 5 juillet, une guerre psychologique s’installe entre les deux voisins.

L’entraîneur tunisien raconte un jour avoir intercédé auprès du président du PSG, Francis Borelli, pour empêcher Dahleb de rejoindre la sélection algérienne. Pied-noir né à la Calle (El Kala), en Algérie, Borelli est presque Tunisien d’adoption. Durant sa jeunesse, il a évolué au sein du club Patriote de Sousse ; il comptait même une sélection au sein de l’équipe nationale tunisienne. Mais le patron du PSG refuse de donner suite à la demande de Chetali.

En débarquant à Alger en février 1977, Mustapha Dahleb est accueilli comme un héros par 5 000 supporteurs algériens. Nous sommes lundi 28 février 1977. Dans le chaudron du stade du 5 juillet d’Alger, 70 000 spectateurs attendent un exploit de l’équipe de Mekhloufi.

Les attentes des Algériens sont douchées par le gardien tunisien, Sassi « Attouga ». Imparable dans ses bois, Attouga est un cauchemar. Le match se termine sur le score d’un but partout. L’Algérie n’ira pas en Argentine. Pour sa première participation à une phase finale de Coupe du Monde, la Tunisie marque les esprits avec une victoire contre le Mexique (3-1), un nul zéro partout contre l’Allemagne, championne du monde en 1974, puis une défaite contre la Pologne (1-0). De retour à Tunis, les coéquipiers de Dhiab sont reçus comme des héros.

Huit ans plus tard, la fortune a changé de camp

Huit ans plus tard, Tunisiens et Algériens se retrouvent pour une nouvelle confrontation. Cette fois-ci, l’enjeu est une qualification pour le mondial du Mexique. Et huit ans plus tard, la fortune a changé de camp. Après leur brillante prestation au mondial d’Espagne en 1982 et leur victoire historique contre la RFA, les Algériens partent favoris.

Nous sommes dimanche 6 octobre. Stade Olympique El Minzah de Tunis. Devant 35 000 spectateurs, le onze algérien mené par ses stars Belloumi et Madjer, corrige l’équipe tunisienne dont il ne reste presque aucun des onze joueurs qui ont participé au mondial argentin. Le score est sévère, il frise la correction. L’Algérie s’impose par quatre buts à un.

Le match retour est presque une formalité. Vendredi 18 octobre, le stade du 5 juillet accueille 80 000 spectateurs sous un soleil printanier. Là encore, la rencontre tourne à la correction. Les Tunisiens encaissent trois buts. L’Algérie arrache une deuxième qualification consécutive à une phase finale de Coupe du Monde.

En 2017, l’affrontement continue

Ce jeudi 19 janvier 2017, l’enjeu dans ce Tunisie-Algérie n’est certes pas la qualification pour un mondial. Mais la rencontre n’est pas moins décisive pour les deux équipes. En cas de défaite, la Tunisie sera éliminée. En cas de victoire contre l’Algérie, il faudra un miracle pour que celle-ci arrache un ticket pour le prochain tour.

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