Elections

Maroc : Benkirane, 100 jours de solitude

Mohammed VI a nommé Abdelilah Benkirane en tant que chef de gouvernement le 10 octobre 2016. © Moroccan Royal Palace/AP/SIPA

L'adoption de l'acte constitutif de l'Union africaine par le nouveau Parlement a relégué les consultations gouvernementales au second plan. Nouvelle tournée royale en Afrique, participation de l'USFP... de nouvelles contraintes se rajoutent à ce feuilleton interminable.

Désigné par le roi le 10 octobre pour diriger le prochain gouvernement, Abdelilah Benkirane a bouclé 100 jours, mercredi 18 janvier, sans parvenir à se mettre d’accord avec ses alliés potentiels, battant ainsi le record de la plus longue formation de gouvernement sous Mohammed VI. Et c’est loin d’être fini puisque le numéro 2 du parti islamiste, Saâd Eddine El Othmani, a indiqué que les consultations gouvernementales ne reprendraient qu’après l’adoption par le Parlement de l’acte constitutif de l’Union africaine (UA) qui permettra au Maroc de réintégrer l’organisation continentale avant la tenue de son sommet fin janvier à Addis Abeba. « L’adoption du texte relatif à l’UA est la priorité des partis politiques pour le moment. Le gouvernement, c’est pour après ! », a tranché El Othmani, le mardi 17 janvier.

Le marathon législatif

Mercredi, la Chambre des représentants, constituée au forceps, a adopté le texte en séance plénière. Il devra passer, ce jeudi, à la Chambre des conseillers (Sénat) pour que celle-ci l’adopte à son tour.

Pour son retour à l’UA, le Maroc sera donc dans les temps. Mais pas le gouvernement. D’autant que Benkirane devra composer avec les contraintes de calendrier du roi qui doit nommer les ministres au cours d’une cérémonie officielle. Or, à partir du week-end prochain, Mohammed VI entame une nouvelle tournée africaine avant d’assister au sommet de l’UA. Et Aziz Akhannouch, le principal négociateur de Benkirane, accessoirement ministre de l’Agriculture, l’accompagne souvent dans ses déplacements pour signer des conventions agricoles avec les nouveaux amis du Maroc…

USFP ou pas USFP ?

Bref, « toutes ces contraintes devraient retarder l’annonce de la prochaine équipe à début février », croit savoir un politicien. Et un nouveau casse-tête se présente déjà à Benkirane, au sujet de l’inclusion dans sa majorité de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), suite à l’élection d’un de ses dirigeants à la présidence du Parlement. Or, le Premier ministre n’en veut pas dans son équipe… Mais Akhannouch, imperturbable, pousse toujours pour que les socialistes restent dans son bloc (Mouvement populaire, MP, Union constitutionnelle, UC et USFP). En somme, le feuilleton n’est pas fini ! Quoi qu’il en soit, il ne passionne plus guère les Marocains, qui lui en ont préféré un autre, plus excitant : celui de la Coupe d’Afrique des nations !

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