Justice

Attentat de Sousse : des failles au niveau de la sécurité tunisienne soulevées à Londres

Un policier tunisien monte la garde devant un hôtel de luxe à Sousse (nord-est), en Tunisie, le 24 juillet 2015.

Un policier tunisien monte la garde devant un hôtel de luxe à Sousse (nord-est), en Tunisie, le 24 juillet 2015. © Abdeljalil Bounhar/AP/SIPA

Une enquête publique destinée à établir les conditions de l’attaque terroriste du 26 juin 2015 à Sousse, en Tunisie, a démarré lundi 16 janvier à Londres et devrait durer plusieurs semaines. Au programme des premières audiences, des failles sécuritaires identifiées avant et pendant l’attentat dans un hôtel de cette station balnéaire de l’est de la Tunisie.

Un rapport remis début 2015 au gouvernement britannique avait déjà pointé des failles dans la sécurité autour des hôtels de Sousse, a affirmé mardi à Londres un avocat de familles de victimes de l’attentat commis six mois plus tard.

Manque de vigilance ?

Lors d’une audience devant la Cour royale de justice de Londres, Andrew Richie, avocat de 20 familles de victimes, a souligné qu’un rapport tunisien, remis au gouvernement britannique six mois avant l’attentat perpétré le 26 juin 2015, avait pointé des failles dans la sécurité autour des hôtels de Sousse. Ce rapport avait été rédigé après une attaque-suicide fin 2013 sur la plage d’un hôtel de la ville, qui n’avait tué que son auteur.

« Étant donné que l’attaque d’octobre 2013 contre le Riadh Palm Hotel avait été lancée depuis la plage, une attention particulière était portée aux points d’accès par la plage », a expliqué mardi Andrew Richie.

Le rapport remis à Londres – s’intéressant à une trentaine d’établissements de la ville – « indiquait que ‘malgré certaines mesures de sécurité satisfaisantes autour des hôtels et complexes touristiques, peu de choses semblent faites pour empêcher ou parer à des attaques’ (depuis la plage) », a poursuivi l’avocat.

Une perte de temps « considérable »

Lundi, une autre avocate a accusé les forces de sécurité tunisiennes d’avoir tardé à intervenir lors de l’attaque du 26 juin 2015, au démarrage d’une enquête publique destinée à en établir les conditions et prévue pour durer plusieurs semaines. Son auteur, un étudiant tunisien armé d’une kalachnikov, avait abattu une dizaine de personnes sur la plage de l’Imperial Marhaba avant de pénétrer dans l’hôtel cinq étoiles.

« Les unités qui auraient dû intervenir (…) ont délibérément, et de manière injustifiable, ralenti l’allure afin de retarder leur arrivée à l’hôtel », a déclaré l’avocate Samantha Leek, s’appuyant sur les conclusion d’un rapport du juge tunisien Lazhar Akremi. « Elles avaient la possibilité de mettre fin à l’attaque avant que la police n’arrive sur place mais elles ont perdu un temps considérable pour se rendre à l’hôtel », a-t-elle ajouté.

L’attaque, revendiquée par l’organisation jihadiste État islamique (EI), avait fait 38 morts dont 30 Britanniques et trois ressortissants irlandais.

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