Politique

Nigeria : au moins trois morts dans un attentat-suicide dans le Nord-Est

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Mis à jour le 16 janvier 2017 à 14:32

L’intérieur de l’université de Maiduguri, dans le nord-est du Nigeria, frappé par deux attaques-suicides le 16 janvier. © Jossy Ola/AP/SIPA

Au moins trois personnes ont été tuées et 15 blessées dans un attentat-suicide sur un campus universitaire de Maiduguri, capitale de l’État du Borno (nord-est), attribué au groupe terroriste Boko Haram par la police ce lundi.

L’attentat, qui aurait été commis par une jeune fille lundi 16 janvier, s’est produit au moment de la première prière du jour dans une mosquée de l’Université de Maiduguri, selon des résidents qui ont requis l’anonymat. Aucune revendication n’a été enregistrée, mais l’attentat porte la marque des insurgés islamistes de Boko Haram, qui ont régulièrement utilisé des filles et des jeunes femmes comme bombes humaines.

Deux explosions

« Avant l’explosion à la mosquée, une adolescente d’environ 12 ans a d’abord été tuée par la police vers 5h, heure locale,  alors qu’elle essayait de pénétrer sur le campus », a affirmé le porte-parole de la police Victor Isuku. « L’engin explosif attaché à son corps a explosé, elle est morte instantanément », a-t-il expliqué dans un communiqué.

« Peu après, une deuxième explosion a eu lieu dans une mosquée à l’intérieur de l’université. Quatre personnes dont un professeur et le deuxième kamikaze ont été tuées, tandis que 15 personnes souffrent de blessures à des degrés divers », poursuit le communiqué.

Un habitant du quartier a confirmé avoir entendu les deux explosions vers 5h30, heure locale. « J’ai couru jusqu’à l’université, qui n’est pas loin de ma maison. Quand je suis entré dans la mosquée, c’était le chaos. Trois personnes gisaient mortes, dont une jeune fille, dont le corps était affreusement mutilé », a t-il raconté, sous couvert d’anonymat.

Les attaques contre les civils perdurent

Les autorités nigérianes affirment que la guerre contre Boko Haram est entrée dans sa phase finale. En décembre, l’armée avait annoncé avoir chassé Boko Haram d’un de ses derniers bastions du nord-est, la forêt de Sambisa dans l’État du Borno, dont Maiduguri est la capitale.

Mais les attaques visant à la fois les civils et les positions militaires n’ont jamais cessé. Le 8 janvier, au moins cinq soldats ont été tués dans l’attaque d’une base à Buni Yadi, dans l’État voisin de Yobe. Le lendemain, plusieurs attaques suicide faisaient trois morts à Maiduguri.

Depuis le début du conflit en 2009, l’insurrection des combattants islamistes a fait au moins 20 000 morts et plus de 2,6 millions de déplacés.