Politique

Côte d’Ivoire : le ministre de la Défense à Bouaké pour s’entretenir avec les mutins

| Par Jeune Afrique avec AFP
Alain-Richard Donwahi en visite le 10 janvier à la base aérienne d'Abidjan.

Alain-Richard Donwahi en visite le 10 janvier à la base aérienne d'Abidjan. © Facebook/Ministère de la Défense.

Le ministre à la présidence chargé de la Défense, Alain-Richard Donwahi, est arrivé vendredi à la mi-journée à Bakoué, où il doit exposer les propositions du gouvernement et mettre un point final à la mutinerie. Plus tôt dans la journée, des manifestants ont fait refluer les soldats dans leur caserne.

Alain-Richard Donwahi est arrivé vendredi 13 janvier à la mi-journée à Bouaké, afin de s’entretenir avec les responsables des mutins dans la résidence du préfet. Dans la délégation du ministre, on retrouve notamment le général Sékou Touré (chef d’état-major de l’armée), le général de brigade Nicolas Kouadio Kouako (commandant supérieur de la gendarmerie), Issiaka Ouattara (commandant en second de la Garde républicaine) et Chérif Ousmane (commandant en second du Groupe de sécurité de la présidence de la République).

Dans la matinée, environ 200 manifestants s’étaient rassemblés sur le rond-point de la préfecture de Bouaké, afin de « mettre un terme à la révolte (des militaires) ». « Nous sommes fatigués de leurs agissements. Nous allons prendre nos responsabilités et descendre dans la rue », avait annoncé jeudi Yacouba Traoré, un notable, et l’un des initiateurs de cette manifestation.

Au bout de quelques minutes, des soldats arrivés à bord de camions militaires ont tiré en l’air pour disperser la foule. En vain : les manifestants, dont le nombre avait gonflé, approchant les 300 ou 400, sont revenus, faisant refluer les mutins dans leurs casernes. « Libérez Bouaké ! », « On a faim, on veut travailler ! », ont alors scandé les manifestants.

“Mettre la pression”

Dans la nuit de mercredi à jeudi matin, les militaires avaient tiré en l’air pour “mettre la pression sur le gouvernement” avant l’arrivée du ministre. ”Nous attendons notre argent demain (vendredi). Ce qui compte, c’est l’argent”, avait déclaré l’un des mutins à l’AFP.

Les mutins, dont le mouvement s’était étendu le week-end dernier à la plupart des casernes du pays, réclament le paiement de primes, des augmentations de solde, une promotion plus rapide entre les grades ainsi que des logements. Des revendications auxquelles le ministre de la Défense a accédé en partie en signant samedi un accord de sortie de crise.

Mais certains soldats, visiblement peu satisfaits des négociations, avaient tiré des rafales de Kalachnikov et à l’arme lourde sur la résidence du sous-préfet, pour empêcher le ministre et sa délégation de sortir. Il aura fallu attendre un peu plus de deux heures avant qu’ils puissent quitter la ville.

Des contestations récurrentes

Les revendications des soldats ivoiriens sont récurrentes dans ce pays sorti en 2011 de dix ans de rébellion dont Bouaké, 1,5 million d’habitants, fut la capitale. En novembre 2014, déjà, une vague de protestation de soldats était partie de la ville et s’était également étendue à Abidjan et d’autres régions.

La Côte d’Ivoire a mis en route en 2016 une ambitieuse loi de programmation militaire jusqu’en 2020. Elle prévoit modernisation et achats d’équipements pour 1,2 milliard d’euros et une refonte des effectifs. L’armée ivoirienne – 22 000 hommes au total – compte trop de gradés comparativement aux nombres de soldats.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3094_600 devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€
Fermer

Je me connecte