Sécurité

Tunisie : heurts entre forces de l’ordre et manifestants à Ben Guerdane

| Par Jeune Afrique avec AFP
Soldat tunisien près du « no man’s land » instauré près de Ben Guerdane, à quelques pas de la frontière avec la Libye.

Soldat tunisien près du "no man's land" instauré près de Ben Guerdane, à quelques pas de la frontière avec la Libye. © Benjamin Wiacek/AP/SIPA

Des heurts ont éclaté ce mercredi à Ben Guerdane, dans le sud-est de la Tunisie, à la frontière libyenne, entre les forces de l’ordre et des manifestants réclamant le libre passage des marchandises avec la Libye voisine.

D’après l’AFP, des manifestants, jeunes pour la plupart, auraient incendié des pneus et bloqué la circulation entre Ben Guerdane et la frontière, située à une trentaine de km, et où se trouve le point de passage de Ras Jédir avec la Libye.

D’après les déclarations de plusieurs témoins recueillies par l’agence de presse, des rassemblements auraient également eu lieu en ville, devant des bâtiments officiels. Les forces de l’ordre seraient intervenues après avoir été visées par des jets de pierres. D’après la radio Mosaïque FM, elles auraient fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants. Aucune victime ni arrestation n’ont toutefois été rapportée.

Sollicité par l’AFP, le ministère tunisien de l’Intérieur n’a pas fourni de bilan, affirmant que la « manifestation d’environ 150 personnes » avait été dispersée « de manière légale ».

Trafic transfrontalier

La tension est vive depuis plusieurs mois dans le sud-est de la Tunisie, où le trafic transfrontalier est intense. Une partie de la population se dit marginalisée par le pouvoir central.

De leur côté, les autorités font valoir la difficulté de ce dossier compte tenu de la situation en Libye, en proie au chaos politique et livrée aux milices.

En mars 2016, Ben Guerdane avait été le théâtre de violentes attaques jihadistes, faisant une cinquantaine de morts et entraînant une fermeture totale des frontières durant quinze jours.

Au mois de mai de la même année, la ville avait déjà connu une grève générale et des manifestations pour protester contre la paralysie du trafic commercial avec la Libye.

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