Sécurité

RD Congo : les autorités déplorent 26 morts en 8 jours d’affrontements dans le centre du pays

Une patrouille de Casques bleus dans l'est de la RD Congo, le 9 avril 2015. © Monusco/CC/Flickr

Dans le centre de la République démocratique du Congo, selon les autorités, 26 personnes auraient été tuées en l’espace de huit jours lors de heurts entre forces de sécurité et partisans d’un chef traditionnel tué en août.

« Le bilan depuis le début de l’année 2017 est de 26 pertes en vies humaines, dont 4 civils, 9 éléments des forces de l’ordre et 12 miliciens » ainsi que « l’épouse d’un chef de groupement », a précisé ce lundi 9 janvier dans un communiqué Alex Kande, gouverneur de la province du Kasaï central.

« Le mouvement insurrectionnel de Kamwina Nsapu s’est anarchiquement transformé en guérilla meurtrière », déplore-t-il, accusant ses partisans « d’enrôlement forcé des mineurs » et d’ « utilisation des enfants et des femmes comme boucliers humains », « d’interception des trains » et de « destruction d’édifices publics ».

Au total, et d’après le communiqué, « six armes AK-47 et 14 fusils de fabrication artisanale » auraient été saisis.

Déploiement de troupes de l’ONU

Lors de la rentrée scolaire de janvier à Kananga, capitale du Kasaï central, des « miliciens » avaient empêché les enfants de suivre les cours. Des heurts avaient alors éclaté avec les forces de sécurité. « Trois corps ont été retrouvés près de la rivière Ganza, dans la commune de Ganza », selon un responsable provincial, qui s’exprimait sous couvert d’anonymat. Son témoignage a été corroboré par plusieurs habitants, apprend-on.

« Ce qui se passe dans cette zone commence à devenir une préoccupation majeure » a déclaré Félix-Prospère Basse, porte-parole de la mission de l’ONU en RDC (Monusco). Il a annoncé le déploiement imminent « d’une centaine d’hommes ou plus » suivant les réalités « de la situation sur le terrain ».

Ces troupes ont pour mission « d’interdire les activités des groupes armés, et d’assurer une protection efficiente des personnes et de leurs biens, mais aussi, du personnel et des installations de l’ONU dans la zone », a ajouté M. Basse.

140 morts en quatre mois

Depuis août 2016, le Bureau des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha) a dénombré au moins 140 personnes tuées dans des affrontements entre les forces de l’ordre et les partisans de Kamwina Nsapu. Le quartier général de leur mouvement se situerait dans le Kasaï central selon l’Och, tandis que leur  zone d’action s’étendrait aux provinces du Kasaï et du Kasaï oriental.

Médecin, Kamwina Nsapu avait été tué au cours d’une une opération de police le 12 août 2016. Il était rentré en RDC en avril 2016 après un séjour en Afrique du Sud, et avait peu après lancé des appels à l’insurrection et à la « libération du Congo », dans un appel audio qui circule encore sur les réseaux sociaux.

Suite à sa mort, de violents affrontements avaient opposé fin septembre ses partisans aux forces de sécurité pour le contrôle de l’aéroport de Kananga, la capitale du Kasaï central. Au moins 47 personnes avaient alors trouvé la mort.

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