Société

Black Fashion Weeks : la mode africaine à l’assaut des capitales

Black Fashion week 2014, à Paris. © Bruno Levy/Pour J.A.

De Paris à Dakar, les black fashion weeks essaiment allègrement à travers le monde. Un signe de la vitalité de la création africaine qui pourrait néanmoins se révéler contre-productif à long terme.

Ces dix dernières années, une multitude de fashion weeks ont vu le jour sur le continent. Ces événements sont le reflet du succès que rencontre la mode africaine à l’échelle mondiale. "L’Afrique s’attelle à produire sa propre image et à sortir enfin des carcans où elle avait été reléguée. Les fashion weeks africaines portent la note du continent au concert du monde", s’enthousiasme Xuli Bët. Elles offrent en effet une précieuse visibilité aux stylistes. Brazzaville, Dakar, Lagos, Malabo, Marrakech, Nairobi…

>> Retrouvez notre dossier "L’Afrique, c’est chic"

Chaque ville branchée veut posséder sa semaine de la mode, ce en quoi l’Afrique ne se distingue pas des autres continents. À l’origine, ce sont toujours des initiatives privées, jamais celles des autorités, qui, elles, demeurent en retrait.

Dès 1998, Alphadi organise le Festival international de mode africaine, qui rassemble chaque année le gotha des créateurs chez lui, à Niamey. Au tournant du siècle, la styliste Oumou Sy, appréciée des artistes comme Youssou Ndour, lance la semaine internationale de la mode à Dakar. Toujours dans la capitale sénégalaise, Adama Paris crée, en 2002, sa propre fashion week car elle ne parvenait pas à défiler en tant que styliste.

La reine du pagne tissé, Collé Ardo Sow, suit le mouvement en 2003 avec le Salon international de la représentation africaine. À l’autre bout du continent, Precious Moloi-Motsepe, épouse du milliardaire Patrice Motsepe à la tête de l’African Fashion International, organise toutes les fashion weeks d’Afrique du Sud. Son objectif : faire de la mode un secteur clé de l’économie sud-africaine.

Enfin, au Nigeria, c’est encore une femme, Omoyemi Akerele, à la tête de l’agence Style House Files, qui a monté il y a trois ans la Lagos Fashion & Design Week. Les grandes capitales de la mode ne sont pas en reste. Après l’Africa Fashion Week de New York et celle de Londres, et la Black Fashion Week de Paris, c’est au tour de capitales périphériques d’accueillir leur version, comme Berlin, Lisbonne ou Montréal.

"Paris est une ville qui attire de nombreux stylistes africains, mais la Fashion Week parisienne ne leur offre pas l’opportunité de défiler, même pour les plus talentueux", regrette Adama Paris. Fadila El Gadi précise : "Sur le principe, je trouve très bien que les créateurs puissent présenter leur travail chez eux et pas forcément en Europe."

Cependant, l’abondance de l’offre peut nuire au professionnalisme, comme le constate Imane Ayissi : "Il est dommage que le public se rende aux fashion weeks comme à un spectacle, alors qu’elles s’adressent avant tout aux professionnels de la mode." Simone Cipriani renchérit : "L’investissement doit se concentrer sur une ou deux grandes capitales de la mode africaine, afin d’éviter le risque que les fashion weeks africaines ne soient pas suffisamment attractives."

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