Politique

Boko Haram : 1000 jours de captivité pour les lycéennes de Chibok

Alors que le pays commémorait les 1000 jours de leur captivité, le président nigérian a déclaré dimanche espérer que les 195 lycéennes de Chibok toujours détenues par le groupe terroriste Boko Haram, seraient libérées prochainement.

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Mis à jour le 9 janvier 2017 à 11:27

Les lycéennes de Chibok enlevées par Boko Haram dans une vidéo diffusée par le groupe terroriste, le 12 mai 2014. © AP/SIPA

« Le gouvernement nigérian reste mobilisé pour parvenir à la libération de ces jeunes filles enlevées il y a presque trois ans », a affirmé dimanche 8 janvier le chef de l’État, Muhammadu Buhari. Sur les 276 écolières – en majorité chrétiennes – enlevées par le groupe islamiste Boko Haram le 14 avril 2014 dans cette localité proche de la forêt de Sambisa, ancien fief du groupe, 195 sont toujours portées disparues.

« Nous espérons que plus (de jeunes filles) vont pouvoir revenir », a déclaré le président nigérian. « Les larmes ne s’assèchent jamais, la douleur est dans nos cœurs », a Muhammadu Buhari, réaffirmant que son gouvernement était résolument déterminé à retrouver ces jeunes filles.

Marche prévue

À Abuja, des activistes du groupe Bring Back Our Girls (« Ramenez-nous nos filles) se sont déclarés prêts à marcher jusqu’à la résidence présidentielle.

« On ne peut pas juste oublier que 195 (d’entre elles) sont toujours là-bas », a déclaré à l’AFP Aisha Yesufu, une réprésentante du groupe, qui s’est constitué après l’enlèvement des lycéennes. « Nous devons (…) les ramener à la maison », a-t-elle martelé.

« Si la fille du président Buhari avait été enlevée, resterait-il les bras croisés ? Ces jeunes filles sont des Nigérianes tout comme sa propre fille », a-t-elle lancé.

Une jeune lycéenne retrouvée

Jeudi, l’armée nigériane a annoncé avoir retrouvé une lycéenne de Chibok, qui a été découverte avec son bébé de 6 mois. Début novembre, une autre jeune fille avait également été retrouvée près de la frontière avec le Cameroun.

À la mi-octobre, le gouvernement nigérian avait réussi à négocier la libération de 21 d’entre elles, portant le nombre de lycéennes toujours disparues à 195 puisque, le jour même de l’enlèvement, 57 d’entre elles avaient réussi à s’échapper. Le porte-parole de la présidence avait alors affirmé que 83 autres lycéennes seraient libérables sous condition.

Les lycéennes de Chibok sont devenues le symbole de l’oppression islamiste qui ravage le nord-est du Nigeria depuis 2009, faisant au moins 20 000 morts. Des dizaines de milliers de personnes ont été kidnappées et 2,6 millions d’entre elles ont dû quitter leur foyer.