Défense

Tunisie : un fonctionnaire arrêté pour avoir prévenu des jihadistes de descentes de police à venir

Un membre de la Garde nationale dans la banlieue de Tunis, en 2014. © Aimen Zine/AP/SIPA

Les autorités tunisiennes ont arrêté en décembre un fonctionnaire qui informait des "extrémistes" des opérations sécuritaires à venir, a annoncé vendredi le porte-parole de la Garde nationale.

Confrontée depuis sa révolution de 2011 à l’essor d’une mouvance jihadiste armée et frappée ces dernières années par plusieurs attentats sanglants, la Tunisie procède à de fréquents démantèlements de « cellules terroristes ».

Révélation du programme des descentes sécuritaires

Lors d’une conférence de presse, Khlifa Chibani a indiqué que onze d’entre elles avaient ainsi été démantelées en décembre. Parmi les 62 personnes interpellées figure un « fonctionnaire qui fournissait à ces éléments (jihadistes) le programme des descentes sécuritaires », a-t-il par ailleurs souligné.

S’il n’a pas voulu donner la fonction précise de ce suspect, il a affirmé que « son poste lui permettait d’avoir accès » à ces programmes. « Sa relation avec la sûreté (nationale) lui permettait de savoir. C’est confirmé dans ses aveux et dans sa confrontation avec des éléments terroristes », a poursuivi Khlifa Chibani.
De même source, c’est le démantèlement d’une cellule dans la région d’Enfidha (100 km au sud de Tunis), fin décembre, qui a permis son arrestation.

Sujet sensible

La collusion d’agents sécuritaires avec des extrémistes a été régulièrement évoquée ces dernières années dans le cadre de débats publics, mais les autorités rechignent traditionnellement à aborder ce sujet sensible.

En septembre 2015, le ministère de l’Intérieur avait reconnu le licenciement de 110 membres des forces de l’ordre, dont certains pour leurs liens présumés avec des groupes ou idéologies « terroristes ».

Leur limogeage est « lié, après enquêtes, à des soupçons très sérieux d’appartenance à des organisations terroristes ou à leur sympathie » pour de tels mouvements, ainsi que pour « activités de contrebande » et « abus de pouvoir », avait affirmé le porte-parole du ministère de l’époque, Walid Louguini. Ces agents appartiennent à « différents corps : police, Garde nationale (gendarmerie, ndlr), armée, douane », avait-il ajouté.

Un vif débat agite actuellement le pays sur la perspective d’un retour massif de ces jihadistes. Fin décembre, le syndicat national des forces de sécurité intérieure a notamment fait valoir que ces combattants avaient « reçu des formations militaires et appris à manipuler toutes sortes d’armes de guerre sophistiquées ». Ils pourraient rejoindre les « cellules dormantes » du pays et « élargir le cercle du terrorisme », a-t-il prévenu dans un communiqué.

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