Société

États-Unis : Dylann Roof, le tueur de Charleston, n’exprime aucun regret devant les jurés

Mis à jour le 5 janvier 2017 à 17:35

Dylann Roof, condamné pour le meurtre de neuf Africains-Américains dans une église de Charleston, en Caroline du Sud, se rendant au tribunal, le 18 juin 2015 à Cleveland. © Chuck Burton/AP/SIPA

L’auteur de la fusillade de Charleston a pris pour la première fois de son procès la parole. Le ministère public a requis la peine de mort contre le prévenu, condamné mi-décembre pour le meurtre de neuf Africains-Américains.

Jennifer Pinckney, la veuve du révérend Clementa Pinckney, tombé comme huit autres fidèles de l’église de Charleston le 17 juin 2015 sous les balles de Dylann Roof, alors âgé de 21 ans, est la première à témoigner, mercredi 4 janvier, à l’ouverture de la seconde phase du procès.

Le jour de la fusillade, la mère de famille se trouve aussi dans l’église méthodiste où officie son mari. Elle est accompagnée de l’une des ses filles, Malana, 6 ans, et patiente dans le bureau du pasteur en attendant que celui-ci termine son office, lorsque retentit le bruit des balles.

Quand la poignée de la porte a tourné, « j’ai été prise de frissons. Je me suis dit, ça y est, c’est pour nous », a-t-elle déclaré devant les jurés, selon le Post and Courrier, le journal local de Charleston. Lorsque le procureur fédéral adjoint (Assistant US Attorney), Jay Richardson, lui demande pourquoi elle pense avoir été épargnée, elle répond : « Dieu est Dieu et je ne le vois pas prendre à deux jeunes enfants leurs deux parents. »

Je ne regrette pas ce que j’ai fait

Pour cette deuxième phase d’audiences, Dylann Roof a décidé de se défendre seul, sans l’aide de ses avocats. « Il n’y a rien qui cloche avec moi sur le plan psychologique », a-t-il déclaré à l’ouverture des débats, contredisant la défense qui, lors de la phase initiale du procès, avait tenté de souligner l’instabilité du jeune homme pour faire admettre qu’il n’était pas entièrement responsable de ses actes.

C’est la première fois que ce suprématiste blanc prend la parole depuis le début de son procès. Mais, dès son arrestation il y a dix-huit mois, Dylann Roof n’exprime aucun regret. Dans son journal, rédigé en prison et lu par le procureur Nathan Williams durant l’audience, le tueur écrit : « Je veux que ce soit clair : je ne regrette pas ce que j’ai fait ». « Je n’ai pas versé une larme pour les innocents que j’ai tué », a-t-il ajouté, selon le New York Times.

Le procureur requiert la peine capitale

Comme Jennifer Pinckney, une trentaine de témoins, proches des victimes ou qui ont assisté au massacre, cités par l’accusation, défileront à la barre au cours des prochains jours. Les douze jurés devront à la fin trancher une question cruciale : Dylann Roof doit-il écoper de la peine de mort ou de la prison à perpétuité ? Les même qui, le 16 décembre dernier, l’ont reconnu coupable des 33 charges fédérales retenues contre lui.

Le ministère public a déjà tranché et requiert la peine de mort à l’encontre du prévenu. Pour justifier cette décision, le procureur Nathan Williams s’appuie sur la préméditation de ces actes, inqualifiables et sur la vulnérabilité des victimes. Preuve de l’horreur, il note que Dylann Roof a tiré le plus grand nombre de balles – 11 au total – sur la plus vieille des victimes, Susie Jackson, âgée de 87 ans, souligne le journal local de la ville.

Une seule voix suffit pour que Dylann Roof échappe à la peine de mort. Le verdict sera connu ces prochains jours.