Politique

Cameroun – Épervier : Gervais Mendo Ze, fric et frasques

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Gervais Mendo Ze avait consacré sa chorale à la Vierge Marie.

Gervais Mendo Ze avait consacré sa chorale à la Vierge Marie. © DR

Limogé il y a neuf ans, l’ex-directeur de la Radiotélévision du Cameroun a été arrêté. Rattrapé par l’opération anticorruption Épervier.

Le 12 novembre, Gervais Mendo Ze a passé sa première nuit dans la tristement célèbre prison de Kondengui, à Yaoundé. Neuf ans qu’il a été démis de ses fonctions de ministre délégué à la Communication. Mais la vindicte de ses nombreux détracteurs, cet enseignant en linguistique âgé de 70 ans la doit à ses dix-sept années de frasques à la tête de la Radiotélévision du Cameroun (CRTV).

Épinglé par des contrôleurs d’État pour toutes sortes de malversations présumées au sein de ce service public, il aurait pu être la toute première cible de l’opération anticorruption Épervier, déclenchée en 2006. Mais non. Paradoxalement, juges et pouvoir ont fait preuve d’une grande mansuétude à son égard. Sans doute Mendo Ze a-t-il également bénéficié d’une certaine bienveillance du président Paul Biya, dont il fut l’un des fidèles les plus zélés.

Un personnage affable mais agaçant, généreux mais exubérant

Limogé du gouvernement en 2005, il s’est fait discret pour se faire oublier. Peine perdue, les Camerounais se souviennent de l’époque où l’unique télévision du pays était quasi caporalisée par ce personnage affable mais agaçant, généreux mais exubérant, qu’ils ont passionnément détesté. On critiquait sa propension à se mettre en scène presque tous les soirs au journal télévisé, on s’exaspérait de son obstination à diffuser des séries dont il était le scénariste et le producteur, on s’élevait contre sa tendance à être le principal invité des émissions de sa propre chaîne…

Et que dire de sa chorale, entretenue à grands frais et dont les prestations ostensiblement prosélytes pour la Vierge Marie avaient fini par lasser le plus patient des téléspectateurs… De 1988 à 2005, il a régné sans partage, entouré d’un personnel aux ordres, indifférent aux quolibets en dépit des surnoms disgracieux dont il fut affublé. Dans un contexte de tensions budgétaires dues notamment à l’effort de guerre contre les islamistes de Boko Haram, et face à une jeunesse exaspérée par la corruption ambiante, l’affaire d’un Mendo Ze livré à la broyeuse judiciaire pourrait, aussi, faire diversion.

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