Politique

Tunisie : Moncef Marzouki, increvable présidentiable

En meeting avec le prédicateur extrémiste Béchir Ben Hassen, le 10 novembre. © DR

Même si l'épreuve du pouvoir ne lui a pas réussi, le fondateur du CPR, Moncef Marzouki, veut y croire. À tort ?

Carthage semble fasciner 3M, comme l’appellent les Tunisiens. Vingt ans après avoir tenté d’accéder une première fois à la présidence en 1994, Mohamed Moncef Marzouki, désigné président provisoire par l’Assemblée nationale constituante (ANC) en 2011, se soumet au suffrage du peuple pour sa propre succession.

Ce médecin de 69 ans, qui s’était imposé comme un fervent défenseur des droits de l’homme sous le régime de Ben Ali, a perdu de son aura dans l’exercice du pouvoir. Bien qu’ayant peu de prérogatives, le fondateur du Congrès pour la République (CPR) a accumulé au cours de ses deux ans de mandat assez de maladresses et de provocations pour irriter l’opinion.

De plus en plus isolé

Certes, celui qui se présentait comme le "président de tous les Tunisiens" a fait honneur à son pays à Strasbourg avec son discours au Parlement européen en février 2013, mais il en a déconcerté plus d’un en adoptant des positions contraires à celles de la justice sur le port du niqab à l’université, en fustigeant le tourisme balnéaire lors d’un voyage officiel au Japon, en critiquant les médias tunisiens sur une chaîne qatarie ou en recevant au palais les extrémistes de tous bords.

Son parti n’ayant remporté que 4 sièges aux législatives, il ne peut compter sur le soutien d’Ennahdha pour le premier tour de la présidentielle et s’appuie ouvertement, sous couvert des valeurs de la révolution, sur les leaders des Ligues de protection de la révolution (LPR) pour faire campagne. De plus en plus isolé, le locataire du palais de Carthage hausse le ton, dénonce avec agressivité les visées des candidats de la famille destourienne qu’il qualifie de taghout – tyrans et impies -, terme abondamment utilisé par les idéologues extrémistes et qui égratigne sa popularité.

Les partis s’indignent mais l’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie) ne lui adresse pas de blâme pour ces débordements. Même lorsqu’il utilise pour sa campagne les moyens mis à sa disposition par les services de la présidence.

>> Voir notre galerie de portraits intercatifs : qui sont les 27 candidats à la présidentielle tunisienne ?

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