Politique

Le Sénégal « prend acte » des représailles d’Israël après son vote à l’ONU contre la colonisation

Dans un communiqué publié ce jeudi, le gouvernement sénégalais a confirmé avoir reçu d’Israël la « notification officielle » de mesures décidées à son encontre, après son vote à l’ONU d’une résolution contre les colonies israéliennes.

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Mis à jour le 30 décembre 2016 à 07:44

Le président sénégalais Macky Sall, devant le Palais de l’Elysée, à Paris, le 6 juillet 2012. (illustration) © Remy de la Mauviniere/AP/ SIPA

Dakar dit « prendre acte » de ces mesures prises par le gouvernement israélien a indiqué le ministère sénégalais des Affaires étrangères dans un communiqué publié le jeudi 29 décembre à Dakar.

Parmi ces mesures, l’annulation de la visite prévue en Israël du chef de la diplomatie sénégalaise. Israël rappelle également en consultation son ambassadeur au Sénégal.

D’autre part, selon le communiqué, Israël « annule la présentation des lettres de créance de l’ambassadeur du Sénégal en Israël avec résidence au Caire » et « annule ses programmes de coopération avec le Sénégal ».

Jusqu’à jeudi soir, aucune estimation chiffrée n’avait pu être obtenue sur cette coopération.

Dakar « prend acte »

Le ministère des Affaires étrangères sénégalais a tenu à « rappeler que le Sénégal, également président en exercice du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du Peuple palestinien [un organe de l’ONU, ndrl] depuis sa création en 1975, a constamment soutenu, conformément aux résolutions pertinentes des Nations unies, la recherche d’une solution juste et équitable du conflit israélo-palestinien, qui consacre l’existence de deux États, à l’intérieur de frontières sûres et internationalement reconnues ».

Le vote du Sénégal à l’ONU a été salué dans plusieurs milieux au plan national, y compris parmi les plus critiques envers le régime du président Macky Sall.

L’écrivain sénégalais Fadel Dia a même qualifié de « bonne nouvelle » la décision d’Israël concernant le Sénégal dans une tribune publiée mardi 27 décembre.

La « tactique » d’Israël « a toujours été de frapper les faibles et d’exiger la soumission de tous à sa volonté. […] Qu’avons-nous à perdre en cas de retrait de son aide, bien trop conditionnelle et relativement modeste ? Très peu, et en tout cas pas l’honneur », a-t-il estimé.