Économie

Cameroun : le taux de survie moyen des entreprises est de moins de 30%

D’après les données collectées par le Centre d’analyse et de recherche sur la politique économique et sociale, plus de 70% des entreprises créées de 2010 à 2015 n’avaient pas survécu au mois de mai 2016.

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Mis à jour le 29 décembre 2016 à 12:51

Vue de Yaoundé, Cameroun. © Cifor/ CC/Flickr

« L’absence d’assistance »,  « la peur », « la recherche du gain facile » ou encore « le mauvais encadrement des jeunes entrepreneurs » sont cités dans le rapport daté du 7 décembre comme facteurs expliquant que près des deux-tiers des 40 502 entreprises créées au Cameroun depuis 2010 ne sont pas parvenues à pérenniser leur activité.

Les services résistent moins bien que l’industrie

L’analyse des caractéristiques démographiques des PME a révélé que le taux de survie moyen des entreprises créées est de 27,7% cinq ans après leur création, détaille l’étude. « Au Cameroun, 72,24%, des entreprises créées depuis 2010 sont inexistantes dans le fichier de la Direction générale des impôts de mai 2016 », peut-on lire. « N’étant pas connues de l’administration fiscale, nous admettons qu’une telle entreprise n’a pas d’existence légale, donc ne vit plus », justifie le rapport du Centre d’analyse et de recherche sur la politique économique et sociale (CAMERCAP-PARC) – sous tutelle du ministère de l’Économie.

Le taux de survie est plus élevé dans les secteurs de la transformation industrielle (66,4%) ou des activités agropastorales (46,8%). À l’inverse, ce sont les PME de services et du BTP qui résistent le moins bien avec un taux de réussite de 23,7% pour le premier et de 25,8% pour le second.

Disparités en fonction des régions 

La pérennité des jeunes entreprises dépend également des régions. Ainsi, les entreprises créées à Douala, la capitale économique du pays, bénéficient d’un environnement plus favorable et enregistrent un taux de survie de 58,65% contre 8,02% à Yaoundé. « Le profil des entreprises créées à Yaoundé révèle que ces dernières sont plus actives dans les activités de prestations de services, qui sont davantage exposées au risque de cessation d’activité », observe le rapport du CAMERCAP-PARC.

L’entrepreneuriat féminin en échec 

Enfin, l’étude avance que les entreprises créées au Cameroun par des femmes résistent encore moins bien puisqu’elles enregistrent un taux de survie de 22,09% contre 29,58% pour les hommes. En revanche, le rapport ne détaille pas les raisons de cet échec, ni les secteurs d’activité dans lesquels les femmes s’investissent le plus.