Politique

Suite à la bourde de Hamid Chabat, le Maroc essaie de rassurer la Mauritanie

Le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, et le ministre délégué aux Affaires étrangères, Nasser Bourita, ont été dépêchés par Mohammed VI en Mauritanie pour réparer l’impair commis par le leader de l’Istiqlal.

Mis à jour le 27 décembre 2016 à 17:01

L’ancien président mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz. © AMI pour J.A.

Il a fallu que Mohammed VI téléphone en personne au président mauritanien, Mohamed Ould Abdelaziz, pour éteindre le feu provoqué par le secrétaire général de l’Istiqlal Hamid Chabat en qualifiant samedi 24 décembre, la Mauritanie de « terre marocaine ».

Les deux agences de presse officielles, l’Agence mauritanienne d’information (AMI) et la Maghreb arab press (MAP), ont rapporté, ce mardi 27 décembre, que les deux chefs d’État s’étaient parlé au téléphone afin de dissiper tout malentendu sur « l’intégrité territoriale de la Mauritanie » et montrer « leur détermination à préserver cette relation contre toute tentative d’y porter atteinte, quelle que soit son origine et ses motivations ».

Benkirane à Nouakchott

Suite à la bourde commise par le patron de l’Istiqlal, Mohammed VI a d’autre part dépêché son chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane, et son ministre délégué aux Affaires étrangères, Nasser Bourita, à Nouakchott afin de rassurer les Mauritaniens des bons sentiments du Maroc.

En pleins préparatifs pour réintégrer l’Union africaine (UA), Rabat ne veut pas ouvrir de nouveaux fronts de contestation avec ses voisins, ni attiser les opinions négatives qui circulent sur son intégrité territoriale.

Tempête saharienne

Le journal mauritanien Al Akhbar, proche du pouvoir, a annoncé que le président mauritanien recevrait, ce mardi, le chef de gouvernement marocain dans la ville de Zouerate située au nord de la Mauritanie, non loin des frontières avec le Sahara occidental, où il passe ses vacances de fin d’année.

Le choix de ce lieu, dont l’histoire est liée à l’indépendance de la Mauritanie, semble indiquer la volonté de Nouakchott de marquer sa frontière avec le Maroc et de lui signifier en même temps que l’affaire du Sahara restera le point sensible de leur relation.