Politique

Zimbabwe : les diamants des Mugabe ne sont plus éternels

Y aurait-il une lézarde dans le régime zimbabwéen ? La justice vient de donner tort à la Première dame…

Mis à jour le 27 décembre 2016 à 14:51
Damien Glez

Par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Les diamants de Mugabe ne sont plus éternels © Damien Glez

« Les diamants sont éternels », affirmait le héros britannique James Bond en 1971. Et comme les mandats présidentiels ne le sont plus, au Zimbabwe – celui du vieux “Bob” devant s’achever à ses 99 ans -, investir dans la pierre précieuse n’est censément pas un mauvais calcul. Surtout quand la nouvelle devise n’inspire que moyennement confiance.

C’est donc en une bague en diamants de 1,35 million de dollars que les époux présidentiels avaient décidé de convertir une partie de leur épargne, à l’occasion d’un anniversaire de mariage. Mais l’acquisition allait tourner au vinaigre. Comme un boomerang, l’opération revient, ces jours-ci, dans la figure de la première dame…

Il y a quelques mois, Grace Mugabe commandait, à Dubaï, un diamant auprès de la fille de l’homme d’affaires Jamal Ahmed. Il était déjà incongru que ce soit l’épouse qui achète les cadeaux que lui fait son mari. Mais le comportement de la First lady n’en finit pas d’être imprévisible : après avoir payé le bijou, elle aurait refusé de prendre la bague, demandant à être remboursée intégralement. Le fournisseur désappointé propose alors de rembourser cette somme colossale en plusieurs fois.

Propriétés saisies

Devant ce manque d’empressement, la première dame ordonne la saisie de trois propriétés immobilières zimbabwéennes appartenant à l’homme d’affaires. Ce dernier intente un procès, documents à l’appui, et affirme même avoir été “menacé” par les services secrets zimbabwéens, par Grace Mugabe elle-même et par son fils Russell. Le 21 décembre dernier, la justice zimbabwéenne enjoint l’épouse de Robert Mugabe de « libérer les trois propriétés » saisies.

Même candidat officiel de la Zanu-PF à la présidentielle de 2018, le plus vieux dirigeant au monde a bien raison de programmer son retrait de la vie politique et d’hésiter à positionner sa controversée épouse de 51 ans dans l’ordre de succession. Robert Mugabe n’est plus « le Zimbabwe », comme Jamal Ahmed se l’était entendu dire, au cours de séances d’intimidation…