Économie

São Tomé-et-Príncipe officialise ses noces avec Pékin

Le ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, à droite, et son homologue, Urbino Botelho, le 26 décembre à Pékin. © Andy Wong/AP/SIPA

Cinq jours après avoir officialisé son ralliement au principe de « Chine unique », Urbino Botelho le ministre des Affaires étrangères de l'archipel lusophone était à Pékin ce lundi pour rétablir officiellement les liens diplomatiques avec la Chine.

Le rétablissement des relations diplomatiques entre São Tomé-et-Príncipe et la Chine, lundi 26 décembre à Pékin, avait de forts accents économiques. Si le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, et son homologue, Urbino Botelho, ont signé un communiqué commun officialisant la reprise de leurs relations diplomatiques, ce sont surtout les opportunités d’investissements offertes par l’archipel qui ont occupé le devant de la scène.

« São Tomé-et-Príncipe bénéficie de très bonnes conditions de développement de son commerce et de ses affaires », a assuré Urbino Botelho, cité par Reuters, appelant à ce que le renouveau des relations politiques permette une discussion avec les sociétés chinoises.

« São Tomé-et-Príncipe bénéficie d’une localisation stratégique dans le Golfe de Guinée et d’un potentiel d’investissements dans les mines, dans l’agriculture, dans la construction de ports et d’aéroports », a-t-il encore indiqué.

« Une diplomatie des dollars »

De quoi mettre de l’eau au moulin de Taïwan, politiquement séparé de la République populaire de Chine depuis la prise du pouvoir par les communistes à Pékin en 1949, qui dénonçait « une diplomatie des dollars » après que le cabinet du Premier ministre de São Tomé a annoncé la rupture de leurs liens diplomatiques dans un communiqué diffusé mardi 20 décembre, sur le site d’information Tela Non.

Pourtant, depuis l’établissement de relations bilatérales, en 1997, Taipei accroissait régulièrement son aide à l’archipel. En 2016, elle s’élevait à 15 millions de dollars.

Parmi les motifs de ralliement à la « Chine unique », São Tomé-et-Príncipe, pays pauvre dépendant de l’aide extérieure, négocie la conclusion d’un crédit de 30 millions de dollars avec une société de la République populaire de Chine basée à Hong Kong, China International Fund Limited, selon le site Tela Non cité par l’AFP.

En attendant le pétrole

Et c’est dire si les opportunités de développement de nouvelles relations commerciales sont nombreuses tant São Tomé-et-Príncipe exporte peu. Il s’agit à 80 % de cacao sec, de chocolat, de café et de poivre. En revanche, l’archipel importe quantité de marchandises de toute sorte. Résultat, sa balance commerciale est structurellemen déficitaire. En 2015, les exportations ont atteint 9 millions de dollars (environ 8,2 millions d’euros) et les importations, 127,5 millions. Soit un solde déficitaire de 118,5 millions…

Les importations ? Ce sont essentiellement des produits alimentaires (30 % du total), la moitié de ce poste étant constitué des boissons. Suivent le riz, devenu la base de l’alimentation des Santoméens, la viande et l’huile. Deuxième poste, les produits pétroliers (21 %), en provenance d’Angola surtout, puis les biens d’équipement (13 %) : machines, véhicules, matériels informatique, électronique et électrique… Pour réduire le déficit de sa balance courante, le pays compte aussi sur l’essor des exportations de poisson et sur le développement du tourisme, en attendant que la prospection pétrolière porte ses fruits.

La Chine est un partenaire commercial encore très marginal pour São Tomé. Quoique Hua Chunying, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a reconnu que l’Empire du milieu avait établi une représentation commerciale dans l’archipel en 2013 et que les relations commerciales bilatérales avaient atteint 8 millions de dollars en 2015.

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