Diplomatie

Maroc : ouverture d’une enquête sur des internautes ayant glorifié l’assassinat de l’ambassadeur de Russie en Turquie

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Hommage à Andreï Karlov, ambassadeur russe en Turquie assassiné à Ankara le 19 décembre 2016.

Hommage à Andreï Karlov, ambassadeur russe en Turquie assassiné à Ankara le 19 décembre 2016. © Maxim Shemetov/AP/SIPA

Les ministères de l’Intérieur et de la Justice ont ouvert une enquête pour « apologie du terrorisme » à l’encontre de Marocains qui ont applaudi sur les réseaux sociaux l’assassinat de l’ambassadeur de Russie en Turquie le 19 décembre à Ankara. Une façon pour le Maroc de ménager son partenaire russe depuis le rapprochement des deux pays en mars dernier.

« Ces agissements extrémistes et inacceptables sont aux antipodes des préceptes de l’islam prônant la tolérance et rejetant tout extrémisme et sont contraires aux constantes de la société marocaine fondées sur la modération, le juste milieu et la consécration des valeurs de tolérance et de cohabitation « , affirme un communiqué diffusé le jeudi 22 décembre.

L’apologie d’actes terroristes est un crime aux yeux de loi marocaine, passible de 2 à 6 ans de prison et d’une amende de 10 000 à 200 000 dirhams, selon l’article 218-2 du Code pénal.

Exaltation facebookienne

L’assassinat de l’ambassadeur russe, le lundi 19 décembre, a donné lieu à de nombreux commentaire sur Facebook, chantant les louanges de ce meurtre, le qualifiant d’ « héroïque » et l’érigeant comme conséquence de la politique « destructrice » menée par la Russie en Syrie.

Une page Facebook, intitulée « Foursane Al Islah » (les chevaliers de la réforme), sympathisante du Parti justice et développement (PJD, au pouvoir), avait versé aussi dans cette exaltation du terrorisme avant d’effacer les commentaires, qui pourraient lui attirer des ennuis à la suite de la mise en garde des autorités marocaines. 

Le Maroc a condamné le crime « abject » commis à Ankara contre l’ambassadeur russe et a affiché sa solidarité envers la Turquie, tout en « réaffirmant sa condamnation ferme du terrorisme sous toutes ses formes et manifestations ».  

La Russie, sujet sensible

Depuis la visite de Mohammed VI au pays des tsars en mars dernier, le royaume cherche à ménager son partenaire russe avec lequel il a ouvert un nouveau partenariat politique et économique. Le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, a fais les frais de cette nouvelle alliance après ses déclarations « politiquement incorrectes » envers la Russie, qu’il a accusée d’aggraver la guerre en Syrie. Il été rappelé à l’ordre par le ministère des Affaires étrangères, le lundi 5 décembre, consécutivement à une protestation officielle de l’ambassadeur russe à Rabat.

Le 16 décembre, le roi du Maroc a reçu le secrétaire du Conseil de sécurité russe, Nikolaï Patrouchev, en visite au royaume dans le cadre d’un « partenariat renforcé ». Lors de cet entretien, Mohammed VI a adressé une invitation officielle à Vladimir Poutine pour venir au Maroc.

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