Défense

Syrie : l’armée de Bachar al-Assad a repris Alep dans son intégralité

Des Syriens évacués des ex-quartiers rebelles d'Alep repris par les forces pro-Assad arrivent au camp de réfugiés de Rashidin, près d'Idlib en Syrie, le 20 décembre 2016.

Des Syriens évacués des ex-quartiers rebelles d'Alep repris par les forces pro-Assad arrivent au camp de réfugiés de Rashidin, près d'Idlib en Syrie, le 20 décembre 2016. © STR/AP/SIPA

Le régime syrien a annoncé jeudi avoir repris le contrôle total d’Alep, deuxième ville du pays. C’est la plus importante victoire de Bachar al-Assad face aux rebelles depuis le début de la guerre il y a cinq ans.

Cette annonce a été faite après l’évacuation de dizaines de milliers de civils et de rebelles, retranchés dans les quartiers Est d’Alep, sur lesquels le régime syrien a lancé une vaste offensive il y a un mois. Selon la télévision d’État, l’armée syrienne est entrée dans la dernière poche rebelle, menant des opération de ratissage et de déminage.

« Grâce au sang de nos martyrs et aux sacrifices de nos valeureuses forces armées ainsi qu’aux forces supplétives et alliées (…) le commandement général des forces armées annonce le retour de la sécurité à Alep après sa libération du terrorisme et des terroristes et la sortie de ceux qui y restaient », a-t-il été indiqué dans un communiqué officiel adressé jeudi 22 décembre.

« Cette victoire représente un tournant stratégique (…) dans la guerre contre le terrorisme (…), souligne la capacité de l’armée syrienne et ses alliés à remporter la bataille contre les groupes terroristes et pose les bases d’une nouvelle phase pour chasser le terrorisme de tout le territoire de la République arabe syrienne », souligne encore le texte.

Revers cinglant pour les rebelles

Pour la rébellion armée s’opposant au régime du président Bachar al-Assad, la perte d’Alep représente un revers cinglant. « Sur le plan politique, c’est une grande perte », a reconnu Yasser al-Youssef, un responsable du groupe rebelle Nourredine al-Zinki. « Pour la révolution, c’est une période de recul et un tournant difficile ».

Elle constitue également une défaite pour les alliés de l’opposition – monarchies du Golfe, Turquie et pays occidentaux – qui voyaient dans les rebelles une alternative au régime en place depuis un demi-siècle.

Aussitôt après l’annonce, des tirs de célébration ont éclaté et des milliers de personnes ont envahi les rues dans les quartiers Ouest tenus par le régime depuis 2012, selon le correspondant de l’AFP à Alep. « Notre joie est immense. La vie est revenue à Alep aujourd’hui », a lancé l’avocat Omar Halli, qui attend « la victoire pour toute la Syrie ».

Certains brandissaient des portraits du président Assad ou encore des drapeaux syriens ou russes. Des cortèges de voitures défilaient, les conducteurs klaxonnant sans interruption pour exprimer leur joie.

34 000 civils et rebelles évacués

Selon le Comité international de la Croix-Rouge, plus de 34 000 civils ont été évacués d’Alep, devenue le principal front du conflit syrien qui a fait plus de 310 000 morts en cinq ans et provoqué le déplacement de plus de la moitié des Syriens.

Les quartiers d’Alep-Est ont été presque rasés par les bombardements aériens des derniers mois. Outre les bombardements, la population d’Alep-Est, estimée avant l’offensive à 250 000 personnes, subissait un siège asphyxiant depuis le 17 juillet, entraînant une pénurie quasi totale de nourriture, de médicaments et de carburant.

Au total, 465 civils, dont 62 enfants ont été tués à Alep-Est au cours des quatre dernières semaines, dans l’offensive des forces pro-Assad contre les quartiers tenus par les rebelles depuis l’été 2012, tandis que 142 civils, dont 42 enfants, ont été tués par des tirs rebelles dans Alep Ouest, contrôlé par le régime.

Paralysie face au drame humanitaire

En raison de l’antagonisme entre la Russie et les Occidentaux, États-Unis en tête, la communauté internationale s’est retrouvée paralysée face au drame humanitaire.

La reconquête d’Alep permet au régime de se lancer dans la reprise d’autres provinces lui échappant encore, comme Idleb (nord-ouest), voisine d’Alep, qui est aux mains d’une coalition entre rebelles et jihadistes. C’est là qu’une grande partie des évacués d’Alep ont été conduits.

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