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Cet article est issu du dossier «Dakar, dans tous ses états»

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Politique

Francophonie – Sénégal : retour à la case Dakar

La commune du Plateau, sud de la presqu'île de Dakar, en 2014. © Youri Lenquette/Pour J.A.

Un quart de siècle après avoir été l'hôte du 3e sommet de la Francophonie, la capitale sénégalaise s'apprête à accueillir sa quinzième édition. Devenue l'un des principaux centres d'affaires ouest-africains, gagnée par une urbanisation effrénée, elle n'a pas pour autant perdu son charme.

Vingt-cinq ans après son premier sommet sur le continent, l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) revient au Sénégal. Tout un symbole, puisque le pays a vu naître l’un des pères fondateurs de la Francophonie, Léopold Sédar Senghor, qui, dès 1962, louait "cet humanisme intégral qui se tisse autour de la terre", ainsi que son actuel secrétaire général, Abdou Diouf.

Ce 15e sommet sera aussi chargé d’émotion et d’enjeux, puisque l’ancien président sénégalais, après douze années passées à la tête de l’organisation, fera ses adieux. À quelques jours de l’événement, Dakar semble toutefois moins fébrile qu’en juin 2013, lorsqu’elle se préparait à accueillir le premier président africain-américain des États-Unis, Barack Obama. Pourtant, pas moins de 57 chefs d’État ou de gouvernement sont attendus, ainsi que de nombreux représentants des organisations internationales, des milieux économiques, culturels et sociaux…

Depuis le sommet de 1989, la capitale sénégalaise a bien changé. De plus en plus peuplée, polluée, dévorée par une fièvre immobilière qui gagne peu à peu le moindre mètre carré, jusque sur la corniche, Dakar est un perpétuel chantier à ciel ouvert. En quelques mois, des immeubles surgissent du néant et de nouveaux quartiers résidentiels poussent au milieu d’anciens terrains vagues.

Dakar, métropole métisse

Plus cosmopolite que jamais depuis que la crise ivoirienne a conduit les expatriés à se trouver un havre ouest-africain plus paisible, Dakar, métropole métisse, véritable carrefour des affaires et de la culture dans la sous-région, a néanmoins su conserver son ADN, combinant folklore et modernité. Le quotidien des Dakarois n’est pour le moment pas affecté outre mesure par les préparatifs du grand raout francophone, annoncé ici et là par quelques affiches discrètes. Les "mesures importantes" prévues par les organisateurs, notamment en matière de sécurité, vont surtout se faire sentir dans les deux ou trois jours précédant l’événement.

Du centre-ville à la banlieue, de nombreux événements culturels, débats et conférences vont rythmer ce sommet.

Principale infrastructure d’accueil de la rencontre, le Centre international de conférence de Diamniadio (CICD) a été construit en un temps record à l’écart de l’agglomération. Mais la capitale ne sera pas pour autant éclipsée par cette "ville nouvelle" : le Grand Théâtre national, situé au coeur de Dakar, accueillera, du 24 au 30 novembre, le Village de la francophonie, un lieu de rencontres et d’échanges entre les pays membres et les divers acteurs de l’espace francophone.

Si, comme le souligne un proche du maire de la capitale, Khalifa Sall, "la part de la ville est quasi nulle dans l’organisation du sommet" (elle est supervisée par une délégation générale rattachée à la présidence sénégalaise), Dakar la festive ne jouera pas les farouches dès que les projecteurs vont s’allumer. Du centre-ville à la banlieue, de nombreux événements culturels, débats et conférences vont rythmer ce sommet. Ainsi, du 22 au 29 novembre, sous le parrainage de l’Institut français, la compagnie de théâtre de rue Royal de Luxe animera différents quartiers populaires avec le spectacle Dakar-Dakar, tandis que des concerts et compétitions sportives se tiendront à Fass, Ouakam et Pikine.

"Un contre-sommet de la Francophonie"

Un millier de journalistes sont attendus pendant ces quelques jours, selon le président Macky Sall. Une surexposition médiatique dont les détracteurs du chef de l’État sénégalais devraient chercher à tirer profit. D’ores et déjà, le trublion Malick Noël Seck, qui a fondé le Front national de salut public – depuis son exclusion du parti socialiste -, entend organiser un "contre-sommet de la Francophonie" afin de dénoncer "une administration instituée par la Françafrique".

Quant au Parti démocratique sénégalais (PDS) de l’ancien président Abdoulaye Wade, devenu la principale force d’opposition, il a voulu tenir un grand rassemblement sur la place de l’Obélisque le 21 novembre. Une initiative que Macky Sall avait l’intention d’interdire mais qui a finalement été autorisée par le préfet de Dakar. De son côté, Abdou Diouf risque de se découvrir quelques inimitiés, de retour sur ses terres. Certaines confidences parues dans ses mémoires ont en effet provoqué une levée de boucliers chez plusieurs ténors de la scène politique, de Djibo Kâ à Iba Der Thiam.

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