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Cet article est issu du dossier «Dakar, dans tous ses états»

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Politique

Sénégal : programme chargé pour le sommet de l’OIF à Dakar

Abdou Diouf à Paris, le 10 septembre 2014 © tribouillard/AFP

Au sommet de l'OIF à Dakar, les 29 et 30 novembre, on parlera gros sous et stratégie sur dix ans. Surtout, on élira le successeur d'Abdou Diouf. Suspense assuré.

la guerre de Dakar n’aura pas lieu. On se souvient des polémiques qui avaient entouré le précédent sommet de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), à Kinshasa, en octobre 2012. La France, en particulier, s’interrogeait sur l’opportunité d’organiser cette conférence dans un pays où venait de se tenir une consultation électorale entachée d’irrégularités.

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Deux ans plus tôt, le sommet devait se tenir à Antananarivo, mais, après la destitution du président Marc Ravalomanana, la confusion politique à Madagascar avait convaincu l’OIF de trouver une autre ville d’accueil. Ce fut Montreux, en Suisse. Rien de tel cette année. Au Sénégal, l’un des très rares pays africains à n’avoir jamais connu de coup d’État, la démocratie se porte mieux que jamais. On peut même imaginer un petit vent d’euphorie sur la cité après la récente publication par l’organisation du "Rapport sur la langue française dans le monde".

Même si cette dernière continue de perdre du terrain par rapport à l’anglais – notamment dans le monde des affaires et dans les enceintes internationales -, elle gagne des locuteurs un peu partout. Et c’est en Afrique subsaharienne qu’elle fait les plus grands progrès (plus 15 % depuis 2010). À tel point qu’en 2050, selon certaines projections, cette région regroupera plus de 75 % des quelque 775 millions de personnes parlant français dans le monde.

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Les femmes et la jeunesse en francophonie

Quoi qu’il en soit, les conférenciers ont du pain sur la planche. Peut-être auront-ils à statuer sur l’admission de nouveaux membres. Il y a deux ans, à Kinshasa, le Qatar avait fait son entrée dans l’organisation en tant qu’État associé et l’Uruguay comme observateur. L’Arménie, quant à elle, avait accédé au statut de membre de plein droit. Il faudra également définir le cadre stratégique de l’action de l’OIF pour les dix années à venir. On sait que ce 15e sommet aura pour thème : "Femmes et jeunes en francophonie : vecteurs de paix, acteurs de développement"; la plateforme regroupant les réseaux internationaux de la jeunesse francophone sera ainsi officiellement lancée.

De plus, rendez-vous sera pris pour Liège où se tiendra, en juillet 2015, le deuxième Forum mondial de la langue française, une manifestation accordant une large place à la société civile et à la jeunesse des cinq continents. Si la résolution des crises, l’observation des consultations électorales et les diverses activités politiques ont pris une part grandissante dans l’action de l’OIF, l’accent devrait être désormais mis sur le développement des pays membres, africains en premier lieu. Une stratégie économique pour la Francophonie sera présentée au sommet, qui sera suivi du premier Forum économique de la francophonie (FEF), les 1er et 2 décembre.

Un budget annuel de moins de 80 millions d’euros

Nul doute, aussi, que la question du financement de l’OIF sera débattue. Avec des ressources en baisse régulière, l’organisation, dont le budget annuel est passé sous la barre des 80 millions d’euros, doit limiter ses ambitions et se voit dans l’obligation de multiplier les partenariats avec d’autres instances comme l’Union européenne, l’Agence française de développement ou la Cedeao.

Mais le grand sujet sera la désignation du successeur d’Abdou Diouf. Après trois mandats et douze ans passés à la tête de l’organisation, l’ancien président sénégalais, qui a fêté ses 79 ans en septembre, abandonne ses fonctions et se retire de la vie publique. Pour que la fête soit totale, il faudrait que le nouveau secrétaire général soit africain – les candidats déclarés du continent étant le Mauricien Jean Claude de l’Estrac, le Congolais Henri Lopes et le Burundais Pierre Buyoya.

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À la veille de la rencontre de Dakar, la candidate du Canada, Michaëlle Jean, semblait tenir la corde. Mais rien n’est joué. La décision sera prise par les chefs d’État et de gouvernement lors de leur conclave. Il n’y aura pas de fumée blanche comme au Vatican, mais on attendra avec la même impatience le nom de l’heureux élu.

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