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Sénégal : Dakar, au bonheur des expats

Siège d'agences de l'ONU, dans le quartier des Almadies.

Siège d'agences de l'ONU, dans le quartier des Almadies. © Youri Lenquette/Pour J.A.

Appréciée pour son climat, la qualité de son système de soins et ses écoles, la capitale sénégalaise attire institutions internationales et ONG. Et, avec elles, leurs employés et leurs familles.

C’est l’histoire de deux villes qui, depuis des lustres, se disputent le leadership en Afrique de l’Ouest. Aucune n’a jamais vraiment pris le dessus sur l’autre, mais chacune a fait de certains secteurs sa spécialité. À Abidjan le business, les capitaux étrangers et l’aura économique.

À Dakar les institutions internationales, les ONG et le rayonnement diplomatique. Ainsi, la capitale sénégalaise abrite les bureaux régionaux d’une vingtaine d’agences de l’ONU – Unicef, Programme alimentaire mondial (PAM), Bureau de la coordination des affaires humanitaires (Ocha)… – et d’une quinzaine d’ONG – Oxfam, Action contre la faim, Save the Children… -, qui, depuis la cité, gèrent leurs programmes dans toute l’Afrique de l’Ouest.

Certaines sont présentes depuis des décennies. D’autres, à l’instar d’entreprises privées en quête de stabilité, y ont implanté leur siège régional et leurs employés après avoir fui les tourments politico-sécuritaires abidjanais, lors des crises ivoiriennes de 2003 et 2010. "Nous avons connu une première vague en 2004, avec l’arrivée de nombreux "staffs" africains et occidentaux, dont les structures déménageaient de Côte d’Ivoire, se souvient Jérôme Gérard, coordinateur régional d’Oxfam et Dakarois d’adoption depuis vingt ans. Le phénomène s’est répété, dans une moindre mesure, après la crise électorale ivoirienne de 2010-2011."

> > Lire aussi: Sénégal: Dakar s’embourgeoise

Dakar, ville ouverte

Indépendamment de ces événements, Dakar a toujours eu une forte dimension internationale. Ancienne capitale de l’Afrique occidentale française (AOF), la ville, ouverte sur l’océan Atlantique, bénéficie d’excellentes dessertes aériennes et maritimes. Elle peut aussi compter sur des ambassadeurs de choix. Dans le sillage de présidents emblématiques, comme Léopold Sédar Senghor ou Abdou Diouf, de hauts fonctionnaires sénégalais se sont vu confier des postes à responsabilité au sein des institutions continentales et internationales. "Ce sont généralement des personnels bien formés et performants, confie un diplomate européen. C’est aussi grâce à elles que le Sénégal jouit d’une bonne réputation dans les milieux diplomatiques."

À cette image de ville ouverte sur le monde s’ajoute une stabilité politique rare dans la région. Contrairement à plusieurs de ses voisins, le Sénégal n’a jamais connu de coup d’État et fait figure de havre de paix dans un environnement versatile. Dakar s’est donc imposée, avec Johannesburg et Nairobi, comme l’une des pointes du "triangle" organisationnel africain de nombreuses institutions et ONG internationales.

Graal

Plusieurs milliers de nationaux et d’étrangers travaillant pour ces organisations vivent dans la capitale, dont de nombreux expatriés occidentaux installés avec leurs familles. "Dakar est un peu une "destination poussettes", car elle est facile à vivre avec des enfants, explique une jeune humanitaire française. Le climat y est agréable, le système de santé développé, les écoles sont de bon niveau, les loisirs variés. Et pour les week-ends, il y a des plages de sable blanc à une heure de route !"

Principalement établis dans le quartier chic des Almadies (au nord-ouest), facilement repérables aux plaques d’immatriculation vertes de leurs véhicules, ces expatriés ne font cependant pas que des heureux. "La plupart d’entre nous ont de gros revenus, ce qui a contribué à l’explosion des loyers ces dernières années, concède l’un d’eux. Dakar est devenu une ville chère…" Mais la forte concentration d’agences onusiennes et d’ONG dans la capitale a aussi ouvert de belles perspectives à de nombreux jeunes diplômés sénégalais. Décrocher un contrat dans l’une de ces officines est devenu un graal pour beaucoup, tant en raison du niveau élevé des salaires que des possibilités de carrière qu’elles procurent.

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