Sécurité

RD Congo : le gouverneur du Haut-Katanga fuit sous des jets de pierres à Lubumbashi

Des policiers en patrouille à Kinshasa où des violences ont éclaté alors que s'achève le mandat de Joseph Kabila, le 20 décembre 2016. © John bompengo/AP/SIPA

Le gouverneur de la province du Haut-Katanga a dû fuir mercredi sous des jets de pierres à Lubumbashi, au lendemain de violences qui ont fait au moins huit morts dans cette ville du sud-est du pays. Selon des habitants, l'armée congolaise a bouclé jeudi matin un quartier de la ville et procédé à des arrestations massives.

L’incident s’est produit mercredi 21 décembre en milieu d’après-midi. Le gouverneur Jean-Claude Kazembe avait décidé de se rendre à pied avec des partisans sur les lieux des heurts entre des manifestants et les forces de sécurité qui ont éclaté la veille. Il devait s’agir d’une « marche de la paix » destinée à montrer que les autorités avaient le contrôle de la situation, a indiqué à l’AFP un proche de l’élu.

Arrestations massives

Jeudi matin, ce quartier a été bouclé au lever du jour, vers 5h, heure locale, par l’armée congolaise qui procédait à des arrestations massives, ont indiqué cinq habitants ou riverains à l’AFP. « L’armée vient de boucler le quartier et procède à l’arrestation de tous les jeunes garçons », adolescents et jeunes gens, a expliqué un habitant.

« Tout au long de la route (goudronnée qui délimite le quartier), il y a des militaires », a déclaré par téléphone un habitant du quartier voisin. On peut voir des soldats qui « cherchent les jeunes maison par maison », a-t-il ajouté.

« On arrête tout homme, avec ou sans pièce d’identité. On les met dans des camions pour une direction inconnue », a dit une habitante affirmant que deux adolescents et un homme dans la force de l’âge avaient été arrêtés dans sa parcelle. « J’ai vu passer trois camions remplis de jeunes gens », a affirmé un autre habitant.

Huit morts à Lubumbashi

Le porte-parole de la police, le colonel Pierre-Rombaut Mwanamputu, a indiqué mercredi que 8 personnes avaient été tuées et 47 autres blessées dans le quartier de Matshipisha, réputé habité par des Kasaïen. Le gouverneur du Haut-Katanga a fait porter la responsabilité des heurts meurtriers sur plusieurs dizaines de « voyous venus de Mbuji-Mayi et Kananga », les deux grandes villes de la région du Kasaï (centre) dont est originaire l’opposant historique Étienne Tshisekedi.

Mardi,  le président de l’Union pour la démocratie et le progrès (UDPS) s’était montré favorable à la poursuite des pourparlers engagés sous l’égide de la Conférence épiscolale nationale du Congo (la Cenco). Suspendues samedi, les négociations directes entre le pouvoir et l’opposition ont repris mercredi. À cette occasion, les évêques congolais ont adressé un ultimatum à l’ensemble de la classe politique, pressant les dirigeants congolais de s’entendre pour parvenir à un accord de sortie de crise avant Noël.

Au total, les violences qui ont éclaté lundi, dernier jour du second et dernier mandat constitutionnel du président Joseph Kabila, sur l’ensemble du territoire, ont fait 31 morts selon la police nationale qui a revu son bilan à la hausse.

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