Diplomatie

Sao Tomé-et-Principe adhère à l’idée d’une « Chine unique » et rompt ses relations diplomatiques avec Taïwan

Vue sur le Golf de Guinée depuis São Tomé-et-Príncipe, en novembre 2006. © ARMANDO FRANCA/AP/SIPA

Le timing n'est pas anodin. Alors que le président-élu des États-unis, Donald Trump, fait monter la tension entre la Chine et Taïwan, Pékin a obtenu le réalignement diplomatique du petit État africain de Sao Tomé-et-Principe sur l'idée qu'il n'existait qu'une « seule Chine », représentée en droit international par la République populaire de Chine.

L’État situé sur le Golfe de Guinée a donc décidé, du fait de cette annonce, de rompre ses relations diplomatiques avec Taïwan, annonce le cabinet du Premier ministre dans un communiqué diffusé mardi 20 décembre, sur le site d’information Tela Non.

Le ministère chinois des Affaires étrangères s’est félicité le lendemain son site internet « du retour de Sao Tomé-et-Principe sur la juste voie du concept de la Chine unique ».

Taïwan est politiquement séparé de la République populaire de Chine depuis la prise du pouvoir par les communistes à Pékin en 1949. Au nom du principe de la « Chine unique », Pékin interdit à ses partenaires d’entretenir des relations diplomatiques avec l’île, qu’il considère comme une de ses provinces, destinée à retourner dans son giron.

Deux pays africains en relation avec Taïwan

Avec la décision du petit État de Sao Tomé (200 000 habitants) il ne reste plus que 21 Etats qui entretiennent des relations avec Taïwan, dont deux pays africains, le Swaziland et le Burkina Faso. Les autres sont des petits pays d’Amérique centrale, des Caraïbes ou du Pacifique et enfin, le Vatican.

Le ministre des Affaires étrangères de Taïwan à immédiatement réagi à la décision de Sao Tomé, qu’il a qualifié d’irréfléchie et a précisé que Taïwan fermerait son ambassade sur place et mettrait fin à tous ses projets de coopération avec l’île africaine.

Pays pauvre dépendant de l’aide extérieure, Sao Tomé négocie la conclusion d’un crédit de 30 millions de dollars avec une société de la République populaire de Chine basée à Hong Kong, China International Fund Limited, selon le site Tela Non. Le ministre taïwanais a déclaré lors d’une conférence de presse ne pas vouloir rentrer dans des jeux d’argent.

Regain de tension

Après une relative accalmie entre les deux pays, la rivalité a repris en mars dernier lorsque Pékin a obtenu la reconnaissance de la Gambie, deux mois après la victoire à la présidentielle taïwanaise de Tsai Ing-wen, défavorable à un rapprochement avec le gouvernement chinois.

Mme Tsai a déclenché la colère de Pékin début décembre en obtenant un entretien téléphonique avec Donald Trump, qui a rompu ainsi avec l’habitude des présidents américains de ne pas entretenir de relations officielles avec les dirigeants taïwanais.

Le nouveau président des États-Unis a déclaré ne pas se sentir tenu par ce principe de « Chine unique » en vigueur à la Maison-Blanche depuis 1979.

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