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Cet article est issu du dossier «Dakar, dans tous ses états»

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Culture

Sénégal : petit lexique de la débrouille en wolof

Savoir négocier les prix demande de la patience et... de l'humour.

Savoir négocier les prix demande de la patience et... de l'humour. © DOM/Pour J.A.

Embouteillages, gastronomie, marchandage et palabres font partie du quotidien dakarois. Voici quelques astuces pour s’y adapter, avec patience et humour.

À Dakar se côtoient le tumulte du Plateau et le calme des rues de Fann-Résidence, les cars rapides bons pour la casse et les 4×4 rutilants de l’upper class sénégalaise, les talibés mendiant aux carrefours et les soirées bling-bling des Almadies.

À la fois occidentalisée et profondément enracinée dans les traditions, la métropole concentre les cultures des quatre coins du pays, des Sérères aux Diolas, des Baol-Baols aux Walo-Walos, des Libanais aux Cap-Verdiens, sans oublier les Espagnols, les Français, les Américains ou les Chinois qui s’y sont établis depuis une décennie. Mode d’emploi d’une cité cosmopolite en quelques mots.

[Taxis]

Ici, même à 4 heures du matin, il est rare de devoir attendre plus d’une poignée de minutes avant de trouver un taxi disponible. Les tarifs sont abordables, les conducteurs parfois francophones et le plus souvent sympathiques. Le nombre de véhicules y est tellement considérable que ce sont la plupart du temps eux qui racolent en klaxonnant, avant même que le client n’ait eu le temps de lever la main.

Quelques véhicules hors d’âge peuvent donner des sueurs froides à leurs courageux passagers : direction et freinage aléatoires, retour de gaz d’échappement dans l’habitacle, portière branlante prête à s’ouvrir au moindre soubresaut… Sans parler de la conduite des taximen, pour qui le code de la route s’apparente à une coquetterie pour toubabs. Pour charger un client, le taxi dakarois s’arrête où il veut, quand il veut, quitte à encombrer une artère déjà embouteillée. Il n’hésitera pas à déboîter sans crier gare ou à bousculer un piéton en insultant le malheureux qui vient de frôler la mort.

> > Lire aussi: Sénégal: Dakar s’embourgeoise

[Thieboudiène]

Blanc, ou rouge quand le riz est gorgé de sauce tomate, le thieboudiène est préparé avec du capitaine, du thiof (mérou), de la carpe rouge pour les plus riches ou du yaboy (sardinelle) chez les plus modestes. Le tout complété de chou, de carotte, de patate douce, de nadio (citrouille) et de divers autres ingrédients, des feuilles de bissap au tamarin. Le thieboudiène constitue le déjeuner quotidien de la plupart des foyers dakarois, sans jamais lasser personne. Quitter le Sénégal sans y avoir goûté relève du sacrilège. À vos papilles !

[Plastique]

Faites l’essai : demandez dans une boutique que l’on vous emballe votre achat et le commerçant ne manquera pas de vous proposer un sachet en plastique noir qui mettra au moins un siècle avant de se dégrader. Contribuant à faire du Sénégal l’une des pires catastrophes écologiques de l’Afrique de l’Ouest. À croire, en traversant la capitale ou en empruntant les routes nationales, que le pays s’est spécialisé dans la culture des sachets en plastique, accrochés aux arbres tels des fruits trop mûrs, ou étalés sur le sol pour être broutés nonchalamment par les vaches et les moutons. Hélas, aucune mesure n’est prévue pour les interdire.

[Wakhaalé]

En dehors des produits de base vendus dans les boutiques de quartier, rien n’a de prix fixe au Sénégal. Course en taxi, objet artisanal, intervention d’un mécano ou d’un plombier, tout se négocie. Les règles de base pour un wakhaalé réussi ? Premièrement, des salutations en mode local – Salam Aleykoum ! Nangadef ? ("Ça va ?"). Dakar laa beugue dem ("Je vais au centre-ville"). Niata ? ("Combien ?").

Ensuite, du culot : ne pas hésiter à diviser le prix annoncé par deux (pour un taxi), par trois (pour un artisan), voire par cinq (pour un commerçant au marché Sandaga). Enfin, de la patience et de l’humour : s’impatienter ou s’énerver pendant un wakhaalé, même lorsqu’on vous prend clairement pour un pigeon, reste très mal vu au Sénégal.

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