Entreprises & marchés

Gabon : le ton monte entre l’État et Veolia

La SEEG, filiale de Veolia au Gabon, revendique 172 000 abonnés à l'eau potable et 394 600 à l'électricité. © www.veolia.com

La SEEG, filiale de Veolia et concessionnaire du réseau d’eau et d’électricité du pays depuis 1997, s'est plainte publiquement mardi des impayés de l'État et des particuliers qui pourraient l'amener à mettre la clé sous la porte, selon son directeur général. Une remarque accueillie avec froideur par le gouvernement, qui doit trancher mi 2017 sur une ouverture de la concession à la concurrence.

Alors que la négociation sur la reconduction de la concession sur le réseau d’eau et d’électricité gabonais de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), dont la filiale du groupe français est détentrice depuis 1997, a été ouverte en juillet dernier, le ton monte à Libreville.

« La filiale de Veolia peut mettre la clé sous la porte faute de pouvoir payer ses fournisseurs en raison des impayés de l’État et des particuliers », a déclaré mardi le directeur général de la SEEG, Antoine Boo. Celui-ci a estimé la dette de l’État à l’égard de la société à 65 milliards de francs CFA et celle des particuliers à 60 milliards (soit respectivement 100 et 90 millions d’euros), dans un entretien reproduit par le quotidien L’Union.

Une sortie qui n’a pas été du goût de l’exécutif gabonais. « Le gouvernement gabonais exigera des précisions du groupe Veolia suite à la déclaration du directeur général de la SEEG », a déclaré mercredi le ministre de l’Eau et de l’Énergie Guy-Bertrand Mapangou.

Le ministre a pointé les insuffisances de la SEEG dans un communiqué également publié dans L’Union : mauvaise fourniture d’eau et d’électricité en termes de continuité, vétusté de nombreux ouvrages, mauvaise qualité de l’accueil des usagers dans les différences agences de la SEEG…

Le ministre s’est étonné du nouveau mode de communication de la SEEG, rappelant que depuis 20 ans les discussions se font dans un cadre établi contractuellement.

La SEEG déjà assurée d’une nouvelle concession ?

La SEEG a connu plusieurs années difficiles, notamment en 2007 où d’importants délestages avaient suscité une forte grogne sociale. Les relations entre le groupe et l’État ont notamment été émaillées de désaccords sur la charge des investissements et les retards de paiement de l’État.

De plus, la SEEG est vouée aux gémonies par les Gabonais, qui la rendent responsable des délestages d’électricité et d’eau dont ils sont périodiquement les victimes, à Libreville notamment.

Mais les discussions formalisées en juillet entre Veolia et le Gabon tendaient à confirmer qu’une mise en concurrence, un temps évoquée, n’était plus envisagée. En mai, Jeune Afrique avait appris qu’un rapport sur l’avenir du secteur commandé au cabinet Deloitte pour le 1er trimestre 2016 n’avait pas été livré faute de paiement, laissant penser que Libreville avait d’ores et déjà fait son choix.

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