Politique

Turquie : l’ambassadeur de Russie assassiné à Ankara

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 19 décembre 2016 à 22h02
La police turque aux abords du lieu du crime à Ankara le 19 décembre 2016.

La police turque aux abords du lieu du crime à Ankara le 19 décembre 2016. © AP/SIPA

Alors qu’il visitait une exposition dans une galerie d’art d’Ankara, l’ambassadeur de Russie en Turquie Andreï Karlov a été tué par balles ce lundi. L’homme qui a ouvert le feu sur lui était un policier à en croire les déclarations du maire de la capitale.

Le diplomate, Andreï Karlov, âgé de 62 ans, prononçait un discours lors de l’inauguration d’une galerie d’art lorsque des tirs ont retenti. Trois autres personnes ont été blessées.

« Pendant que l’ambassadeur faisait un discours, un homme grand, portant un costume, a tiré d’abord en l’air, puis a visé l’ambassadeur », a raconté à l’AFP Hasim Kiliç, correspondant du quotidien Hürriyet dans la capitale turque présent sur les lieux au moment de l’attaque.

« Il a dit quelque chose à propos d’Alep et d’une vengeance. »

« Un acte terroriste »

Sur des images postées par plusieurs médias turcs, on voit l’ambassadeur allongé à terre et un homme armé d’un pistolet se tenir près de lui.

Après avoir été transporté à l’hôpital, Andreï Karlov a succombé à ses blessures, selon la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova. »Il s’agit d’un acte terroriste », a-t-elle estimé.

Né en 1954, Andreï Karlov avait été nommé à son poste dans la capitale turque en juillet 2013.

Un policier auteur du coup de feu

Selon le maire d’Ankara Melih Gökçek, le tueur présumé « est de la police ». Une affirmation également relayée par le quotidien progouvernemental Yeni Safak, qui identifie l’individu comme un membre des forces anti-émeutes.

« L’homme qui a ouvert le feu a été neutralisé », a rapporté de son côté l’agence de presse progouvernementale Anadolu. Celle-ci n’a pas précisé s’il était mort ou vif.

Erdogan a contacté Poutine

Le ministère russe des Affaires étrangères a confirmé l’attentat, puis la mort du diplomate.

Le président turc Recerp Tayyip Erdogan a appelé lundi son homologue russe Vladimir Poutine pour l’informer de l’attaque qui a coûté la vie à l’ambassadeur russe à Ankara, a indiqué à son tour le porte-parole du chef de l’État Ibrahim Kalin, cité par l’agence de presse progouvernementale Anadolu.

Le gouvernement turc ne laissera pas l’assassinat de l’ambassadeur russe nuire à l’ »amitié » entre Ankara et Moscou, a par ailleurs assuré le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué.

Le ministre de l’Intérieur Süleyman Soylu a pour sa part dénoncé un « attentat contre les relations turco-russes ».

Condamnations de la communauté internationale

François Hollande a condamné lundi soir « avec force » l’assassinat de l’ambassadeur russe en Turquie, tué par un homme armé qui a évoqué une vengeance pour la ville syrienne d’Alep.

« Le président de la République condamne avec force l’assassinat de l’ambassadeur de Russie à Ankara », déclare l’Elysée dans un bref communiqué.

Les Etats-Unis ont de leur côté condamné l’attaque par la voix du Département d’État.

La Syrie, pays allié de la Russie, a quant à elle qualifié l’assassinat de l’ambassadeur russe en Turquie de « crime abominable ». « La République arabe syrienne condamne de la manière la plus ferme la lâche attaque terroriste qui a conduit à la mort de l’ambassadeur russe en Turquie, Andreï Karlov », a indiqué le ministère des Affaires étrangères syrien dans un communiqué publié à Damas.

« Ce crime abominable confirme l’urgence de consacrer tous les efforts et déployer tous les moyens pour combattre le terrorisme », selon le communiqué.

L’ombre du conflit syrien

Cet assassinat survient alors que les relations entre la Turquie et la Russie connaissent une embellie, après une grave crise diplomatique née de la destruction en novembre 2015 par l’aviation turque d’un avion militaire russe au dessus de la frontière syro-turque.

La Russie est le principal allié du régime syrien, qui a repris Alep, la deuxième ville de Syrie, alors que la Turquie soutient les rebelles qui cherchent à renverser le président syrien Bachar al-Assad.

Une réunion est d’ailleurs prévue mardi 20 décembre à Moscou entre les chefs des diplomaties russe, turque et iranienne, au sujet du dossier syrien.

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