Défense

Tunisie : le Hamas accuse Israël d’avoir tué l’un de ses cadres à Sfax

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 20 décembre 2016 à 14h45
Des membres du Hamas palestinien rendent hommage à Mohamed Zouari le 18 décembre 2016 à Gaza.

Des membres du Hamas palestinien rendent hommage à Mohamed Zouari le 18 décembre 2016 à Gaza. © Adel Hana/AP/SIPA

L’assassinat de l’ingénieur Mohamed Zouari jeudi dernier à Sfax dans des conditions mystérieuses secoue la Tunisie. Le Hamas a assuré que ce spécialiste des drones était l’un de ses cadres, et a accusé l’État d’Israël de l’avoir éliminé.

Mais Israël se cache-t-il vraiment derrière ce meurtre ? Ou du moins le Mossad ? Sinon, qui ? La Tunisie s’interroge. Ce lundi 19 décembre, l’affaire fait la Une des médias locaux.

Pour le journal Assabah, en tout cas, « la souveraineté nationale est en jeu ». Un constat partagé par le quotidien Assarih qui, dans son éditorial, écrit que « les Tunisiens sont très inquiets que leur pays devienne, du fait de l’anarchie, un repaire d’agents étrangers et le théâtre d’opérations de ce genre ». La veille, le gouvernement tunisien avait en effet évoqué la responsabilité de « forces extérieures » dans cet assassinat.

C’est dans ce contexte que plusieurs formations politiques, dont le Front populaire (gauche) ont par ailleurs appelé à manifester. Le conseil national de l’Ordre des ingénieurs tunisiens a quant à lui suggéré une « journée de colère ».

Le gouvernement tunisien s’est pour sa part dit prêt « à protéger tous ses citoyens et à poursuivre les coupables. Il s’est réuni en urgence ce lundi 19 décembre pour une « réunion sécuritaire » autour du chef du gouvernement Youssef Chahed et des ministres de la Défense et de l’Intérieur.

Un cadre du Hamas

Reste que pour le moment, aucun indice ne permet véritablement de lever le voile sur cette affaire. Abattu par balles devant son domicile, Mohamed Zouari n’était pas particulièrement connu en Tunisie.

D’après certains médias locaux, il s’était exilé de Tunisie en 1991, à une époque où les islamistes étaient la cible du régime de Zine el-Abidine Ben Ali avant de revenir après le début de la révolution, vingt ans plus tard.

Entre-temps, l’ingénieur se serait rapproché du Hamas. Mohamed Zouari est même décrit comme une « personnalité importante » du mouvement, « spécialisée dans le développement de drones ». La branche militaire du Hamas a confirmé samedi 17 décembre l’appartenance de l’ingénieur au mouvement. Selon elle, il était responsable du programme des drones du Hamas palestinien.

Le mouvement a également affirmé que l’État hébreu était responsable de son assassinat. Pour l’heure, les autorités israéliennes n’ont pas réagi à ces accusations.

Ce lundi, le porte-parole des tribunaux de Sfax Mourad Turki a déclaré sur la radio Mosaïque FM que le portrait d’un  suspect, un « ressortissant belge d’origine maghrébine », avait été transmis à Interpol. Un autre suspect « de nationalité suisse » serait également recherché.

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