Politique

Niger : Amadou Salifou, le joker d’Issoufou

Pour Amadou Salifou, ex-banquier de 68 ans, c'est la consécration. © Boureima Hama/AFP

Cet ancien opposant rallié au régime a été élu président de l'Assemblée nationale nigérienne. Il remplace Hama Amadou, qui a fui pour la France.

Rien n’est simple au Niger en ce moment. Hama Amadou, ancien allié du président devenu son opposant le plus virulent, a été remplacé au perchoir de l’Assemblée nationale par un ancien opposant recyclé en fidèle allié, Amadou Salifou. Et comme si cela ne suffisait pas, les deux hommes sont de vieux ennemis… qui ont longtemps appartenu à la même chapelle, le jadis tout-puissant Mouvement national pour la société du développement (MNSD-Nassara), aujourd’hui troisième force politique du pays et principal parti d’opposition.

Depuis la fuite de Hama Amadou, le 27 août, après la décision de ses pairs d’autoriser son audition par la justice dans le cadre d’une enquête sur un vaste trafic de bébés, l’Assemblée fonctionnait sans président. Le 24 novembre, Salifou, le candidat du pouvoir, a été élu dans une ambiance délétère. Tandis que les députés de la majorité, membres pour la plupart du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS) du président Mahamadou Issoufou, votaient pour lui comme un seul homme (71 voix), ceux de l’opposition quittaient bruyamment l’hémicycle.

Deuxième personnage de l’État

Pour cet ancien banquier de 68 ans, c’est la consécration. Salifou, un Zarma originaire de Goudel, en banlieue de la capitale, est désormais le deuxième personnage de l’État, et c’est inespéré. Certes, il fut l’un des barons du MNSD à l’époque de Mamadou Tandja, dans les années 2000, et l’emblématique président de la section du parti à Niamey. À deux reprises, il a même "gouverné" la ville, en tant que préfet-président de la communauté urbaine.

Mais jamais il n’aurait été choisi par Mahamadou Issoufou pour occuper le perchoir sans sa trahison d’août 2013 : Salifou a alors fait partie des cadres du MNSD qui ont décidé de soutenir le gouvernement contre l’avis de leur patron, Seyni Oumarou. Ce qui leur a valu d’être exclus de ce mouvement, mais ce qui ne les empêche pas de continuer à s’en prévaloir. Comprenne qui pourra.

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