Économie

Un million de réfugiés climatiques supplémentaires en Afrique en 2015

Le camp de déplacés de l'aéroport de Bangui, en Centrafrique.

Le camp de déplacés de l'aéroport de Bangui, en Centrafrique. © Sylvain Cherkaoui pour Jeune Afrique.

Un rapport du Centre de surveillance des déplacements internes estime à 14 millions le nombre de personnes obligées de fuir leur foyer entre 2009 et 2015 à cause de dérèglements climatiques, dont 1,1 million rien que l'année dernière. La sécheresse et les inondations sont les deux principales causes et s'ajoutent à la guerre et aux expropriations.

Les catastrophes naturelles dues au changement climatique ont poussé 1,1 million d’Africains à quitter leur foyer en 2015. Un record, selon un rapport du Centre de surveillance des déplacements internes (IDMC, International Displacement Monitoring Centre) publié le 9 décembre.

Si trente-trois pays sont concernés un peu partout sur le continent, quelques-uns sont plus particulièrement touchés, comme l’Éthiopie, le Zimbabwe, le Malawi et le Nigeria. On estime ainsi à 14 millions le nombre de déplacés climatiques entre 2009 et 2015.

En prenant en compte ceux qui fuient la guerre, l’IDMC arrive à un total de 12,4 millions de « personnes déplacées internes » en Afrique en 2015, soit 9 500 personnes obligées chaque jour de quitter leur foyer. Celles-ci viennent s’ajouter aux 5,4 millions de réfugiés africains, une catégorie distincte de celle des déplacés internes.

Absence d’informations

Les inondations représentent la principale cause de déplacement climatique, et la plus lourde de conséquences, car elles détruisent les habitations, les récoltes et les infrastructures et perturbent les systèmes d’éducation et de santé.

Viennent en seconde position les projets de développement urbains, qui ont pour conséquence d’exproprier les petits propriétaires, comme c’est notamment le cas en Éthiopie, où la politique du gouvernement à ce sujet est à l’origine d’un conflit larvé dans deux grandes régions du pays.

Adoptée en 2009 et ratifiée par 40 pays africains, la convention de Kampala oblige pourtant ses signataires à porter assistance aux « personnes déplacées internes ». Mais comme le déplore l’IDMC, le manque de données empêche beaucoup d’États africains d’analyser le phénomène et de prendre des mesures en conséquence.

« L’observation des déplacements internes a progressé au cours des dernières années mais il y a encore trop de disparités dans nos informations », explique ainsi au site Quartz Maya Sahli Fadel, rapporteure spéciale de l’Union africaine sur les réfugiés, les demandeurs d’asile et les personnes déplacées.

« Pour deux des principaux facteurs, la sécheresse et les projets de développement urbains, nous manquons même de l’information la plus basique ».

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