Politique

Burkina : le député du CDP Salifou Sawadogo inculpé et placé en détention

Par - à Ouagadougou
Mis à jour le 16 décembre 2016 à 08:51

Scène de rue à Ouagadougou pendant le coup d’État au Burkina Faso, le 18 septembre 2015. © Theo Renaut/AP/SIPA

Soupçonné de complicité avec les auteurs présumés du coup d’État manqué de septembre 2015, Salifou Sawadogo, député et quatrième vice-président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), a été placé jeudi en détention à la Maison d’arrêt et de correction des Armées (Maca), a appris Jeune Afrique.

Salifou Sawadogo a été auditionné jeudi après-midi puis déferré à la Maison d’arrêt et de correction des Armées par le juge d’instruction chargé de l’enquête sur le putsch manqué du général Gilbert Diendéré et de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP). Son inculpation porte désormais à 91 le nombre de personnes mises en cause dans ce dossier, pour la plupart d’anciens militaires du RSP.

Plusieurs d’entre elles sont toutefois en liberté. Parmi les 39 individus détenus figurent le général Diendéré et l’ancien ministre des Affaires étrangères Djibrill Bassolé, poursuivis entre autres pour complicité et attentat à la sûreté de l’État.

C’est une situation incompréhensible

Contacté par Jeune Afrique,  le président par intérim du CDP, Achille Tapsoba, a confirmé l’information : « Nous venons d’apprendre effectivement que notre camarade [Salifou Sawadogo ] a été auditionné puis écroué à la Maca. C’est une situation incompréhensible », a-t-il dénoncé, pointant du doigt une justice à deux vitesses.

Bientôt déchu

Salifou Sawadogo était dans la ligne de mire du juge d’instruction François Yaméogo qui le soupçonne d’avoir participé au coup de force du général Diendéré contre la Transition.

Le 6 décembre dernier, le Parlement avait levé à l’issue d’un vote secret son immunité par 86 voix pour, 33 contre, zéro abstention et 4 nuls. L’inculpation avec mandat de dépôt du député Sawadogo ouvre désormais la voie à ce qu’il soit déchu de son mandat et remplacé par son suppléant, conformément au règlement de l’Assemblée.

L’ancien ministre de l’Emploi puis de l’environnement sous l’ère Compaoré est accusé  d’avoir notamment orchestré durant le coup d’État du général Diendéré la destruction de biens privés ayant appartenu à l’actuel président de l’assemblée, Salif Diallo ou encore à l’activiste Safiatou Lopez. Enfin, il est soupçonné par la justice d’avoir reçu des soutiens financiers de l’extérieur au profit des putschistes.