Politique

Le président qui dira oui à l’État palestinien !

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Par  Fawzia Zouari

À l’heure où tout le monde suit le déroulement des élections en Tunisie, prenons la liberté de nous intéresser aux malheurs de François Hollande, en butte à l’hostilité des électeurs français. Car il ne se passe pas un jour sans que la presse hexagonale évoque la chute de popularité du locataire de l’Élysée, les enquêtes qui le disent au plus bas des sondages, celles qui décrivent son éventuelle candidature à la présidentielle de 2017 comme un « scénario fiction ».

Je trouve ces analyses lassantes et injustes. Depuis son élection, Hollande n’a bénéficié ni d’une petite grâce ni d’un brin de patience. C’est comme si on l’avait désigné à la fonction pour dégorger les maux cumulés du pays et servir de punching-ball aux mécontents en tous genres. Personne ne se rappelle plus le ouf de soulagement poussé après le départ de Sarkozy, le bonheur d’en finir avec le style déglingué, les « pauv’ con », le Kärcher, la perspective d’une France au bord de l’implosion.

On reproche à Hollande de ne pas bien tenir la barre économique, nonobstant la crise et le gouffre de dettes dont il a hérité. On avance que certains de ses ministres ont traficoté avec le fisc ou versé dans le favoritisme. Quel gouvernement a été immunisé contre ces déviances ? D’aucuns occultent ses efforts diplomatiques pour réhabiliter l’image de la France à l’étranger.

Ce n’est pas lui qui a fait de la Libye un champ de ruines et une succursale de Daesh. Mais c’est lui, au contraire, qui est intervenu au Mali avec les félicitations de la communauté internationale et des Maliens eux-mêmes. Hollande se retient d’intervenir en Syrie contre Bachar al-Assad, les va-t-en-guerre l’accusent de manquer de courage. Il tient tête à Poutine en refusant de lui livrer le Mistral, on allègue qu’il met en danger l’industrie française des chantiers navals. Il évite de faire des esclandres devant ses interlocuteurs européens, on le traite de mou.

Il réalise sa promesse du « mariage pour tous », on feint de regarder ailleurs. Il annonce qu’il va baisser les impôts, personne ne le croit. Il laisse tomber Valérie Trierweiler – que tout le monde affirme détester -, et voilà qu’on s’égosille sur l’infidélité du mâle, là où François Mitterrand avait installé la polygamie au sommet de l’État. Il promet la création de cinq cents postes supplémentaires d’enseignant pour la Seine-Saint-Denis, on crie à la clochardisation de l’enseignement. Il se rend le 24 novembre pour la troisième fois sur le site industriel de Florange, en Lorraine, on ne daigne pas souligner qu’il tient ses engagements à l’égard du bassin minier.

L’Assemblée, le 28 novembre, était appelée à se prononcer sur la question de la reconnaissance d’un État palestinien. Suivra le Sénat, le 11 décembre. Tout le monde attend le président au tournant. Peut-être pour lui porter le coup fatal ? Quelle que soit sa position, elle sera critiquée. Le réflexe est acquis. Alors, mort pour mort, ne vaut-il pas mieux dire « oui », monsieur Hollande, à cette reconnaissance d’un État palestinien et choisir de laisser son empreinte sur le grand registre de l’Histoire plutôt que dans les annales ingrates de la politique politicienne ?

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