Politique

Uhuru Kenyatta : le Kenya « ne reculera pas » face aux « animaux enragés » Shebab

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Mis à jour le 2 décembre 2014 à 15:38

Le gouvernement kényan n’a pas tardé à réagir après l’attaque des Shebab ayant fait 36 morts près de Mandera dans la nuit de lundi à mardi. Le ministre de l’Intérieur a été limogé et le chef de la police a démissionné.

Le président kényan, Uhuru Kenyatta a promis mardi 2 décembre d’"intensifier la guerre" contre les Shebab, au lendemain de l’attaque des islamistes ayant fait 36 morts près de Mandera, à la frontière somalienne. Et pour cela, il a commencé par mettre de l’ordre dans ses troupes. Il a ainsi limogé dans la foulée son ministre de l’Intérieur.

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Le chef de l’État a annoncé que le ministre Joseph Ole Lenku serait immédiatement remplacé par Joseph Nkaissery "pour prendre en charge le dossier de la sécurité". Le président a encore ajouté avoir "accepté la demande de retraite" anticipée de l’inspecteur général de la police, David Kimaiyo. Le chef de la police et son ministre de tutelle étaient sur la sellette depuis plusieurs mois, alors que les forces de sécurité ont échoué à prévenir de multiples attentats dans le pays.

"Ils restent une menace pour notre pays"

Le Kenya "ne reculera pas" face au terrorisme", a martelé M. Kenyatta, dans une adresse télévisée à la nation. "C’est une guerre, une guerre que nous devons gagner, et que nous devons gagner ensemble (…)", a-t-il déclaré.  Il a également qualifié d’"animaux enragés" les rebelles islamistes, qui ont tué au Kenya plus de 700 personnes, dont 500 civils.

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Leur dernière attaque en date, dans la nuit de lundi à mardi a fait au moins 36 morts. Une vingtaine d’assaillants ont pénétré dans une carrière près de Mandera et abattu les ouvriers, dont certains ont été égorgés et décapités. D’autres personnes sont également portées disparues, selon une source policière.

"L’objectif évident est de semer l’hostilité et la suspicion sur des lignes ethniques et religieuses, et de chasser les non-musulmans de certaines parties du pays", a estimé Uhuru Kenyatta. "Le but ultime de cette campagne atroce est de créer un califat islamique", a-t-il assuré. Le chef de l’État a réaffirmé sa volonté de maintenir son armée en Somalie, où elle était entrée en octobre 2011 pour combattre les Shebab.

"Cette décision était bonne, et le reste aujourd’hui", a-t-il dit, précisant que l’incursion des forces kényanes a "été largement un succès".  "Les Shebab sont affaiblis et en déroute. Mais même avec des forces diminuées, ils restent une menace pour notre pays", a conclu le président Kenyatta.

(Avec AFP)