Politique

Burkina Faso : funérailles nationales pour des « martyrs de la révolution »

Plusieurs dizaines de milliers de personnes, dont le président de la transition, Michel Kafando, et son Premier ministre, le lieutenant-colonel Zida, se sont rassemblées mardi pour rendre hommage aux « martyrs de la révolution » qui a balayé fin octobre le président Blaise Compaoré.

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Mis à jour le 3 décembre 2014 à 08:01

La foule face à des soldats à Ouagadougou le 31 octobre 2014. © AFP

Journée pleine de symboles, mardi 2 décembre à Ouagadougou, pour célébrer la "révolution" qui a balayé fin octobre le président Blaise Compaoré et rendre hommage à ses "martyrs". Sous un soleil de plomb, plusieurs dizaines de milliers de personnes, dont le président de la transition Michel Kafando et son Premier ministre, le lieutenant-colonel Isaac Zida, étaient rassemblées.

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Au petit matin, six cercueils recouverts du drapeau rouge, vert et jaune ont quitté la morgue de l’hôpital de la capitale burkinabè. Ils ont été transportés à bord d’un porte-char de l’armée sur la place de la Nation, rebaptisée place de la Révolution, comme à l’époque du capitaine Thomas Sankara, président de 1983 à 1987.

Kafando et Zida se sont ensuite inclinés devant les six dépouilles, alors qu’on entendait des sanglots des parents de victimes. Comme pour sceller l’unité nationale, les milliers de personnes présentes se sont tenues par la main, y compris le président et le Premier ministre de transition, pendant cinq minutes de silence.

"Ils ont donné leur vie pour la nation. Ils sont morts pour la justice et le bien. Ils sont le flambeau de notre lutte", a déclaré l’aumônier militaire, Paul Dakissaga. La procession s’est ensuite dirigée vers le cimetière militaire de Goughin, à l’ouest de la capitale, où six victimes ont été inhumées. Une septième doit encore être identifiée avant d’être enterrée.

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Journée nationale d’hommage prévue

Le président Kafando a déjà élevé les "martyrs" de l’insurrection en "héros nationaux". Un monument leur sera dédié lors d’une journée nationale d’hommage.

Au total, selon une enquête officielle, 24 personnes ont été tuées lors des manifestations des 30 et 31 octobre qui ont poussé le président Compaoré à quitter le pouvoir. Les autres victimes tuées lors de l’insurrection ont déjà été inhumées par leurs parents, notamment au cimetière de Goughin.

Plusieurs organisations de la société civile ont exigé "la lumière sur les circonstances de la mort des manifestants" et "l’engagement sans délai de procédures judiciaires appropriées contre Blaise Compaoré et les dignitaires de son régime déchu".

"Nos enfants, frères et fils sont morts sous les balles assassines de Blaise Compaoré dont les mains sont tachées de sang de burkinabè depuis 30 ans, il faut qu’il réponde devant la justice", a déclaré Victor Pouahoulabou, au nom des familles des victimes.

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(Avec AFP)