Société

Centrafrique : de plus en plus de violations des droits de l’homme sont commises, selon l’ONU

La mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca) fait état dans un rapport publié mercredi 14 décembre d’une augmentation alarmante du nombre de violations des droits de l’homme commises par les groupes armés et les forces de sécurité gouvernementale sur la période de juin 2015 à mars 2016, et particulièrement depuis le mois d’août.

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Mis à jour le 15 décembre 2016 à 10:36

Des combattants de l’ex-Séléka à Bambari le 24 mai 2014. © Jerome Delay/AP/SIPA

« Depuis août 2016, la Minusca a enregistré une augmentation alarmante du nombre de cas de violations et d’abus commis par les différentes factions des ex-Séléka, anti-Balaka et leurs affiliés », faisant au moins une centaine de morts, en particulier dans les villes de Kaga-Bandoro et de Bria, déplore la mission onusienne dans un rapport conjoint de la Minusca et du Haut-Commissariat aux droits de l’homme.

« À côté de ces violentes attaques, les groupes armés ont, à travers le pays, continué d’occuper des écoles, d’installer des postes de contrôles illégaux et de priver arbitrairement les civils de leur liberté de mouvement », dénonce le rapport qui porte sur la période entre juin 2015 et le 31 mars 2016.

Plus de 1 300 morts  en dix mois

Sur l’ensemble des dix mois, qui comprennent également les six mois de gouvernement de transition, « la division des droits de l’homme (DDD)  a documenté 1 301 cas de violations et d’abus des droits de l’homme affectant au moins 2 473 victimes », écrit la Minusca.

Cela représente 70% d’augmentation par rapport à l’étude précédente qui portait sur la période septembre 2014 – mai 2015. Parmi les victimes, la Minusca a dénombré « 203 enfants dont 91 garçons et 67 filles » avec des cas de viols et de violences sexuelles « affectant un total de 46 enfants (31 filles et 15 garçons) ».

Les abus « ont été principalement des exécutions arbitraires, des traitements cruels, inhumains ou dégradants, des violences sexuelles, des privations arbitraires de liberté, des destructions et des confiscations de biens, et des restrictions à la liberté de mouvement », détaille la Minusca.

Qui sont les principaux auteurs ? 

« Les principaux auteurs ont continué d’être des éléments des groupes armés anti-balaka, ex-Séléka, l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA), et des Foulani (ndlr : Peuls) affiliés » à des groupes armés, précise le rapport.

À ce titre, la Minusca affirme que « la LRA a augmenté ses activités criminelles dans le sud-est de la RCA ». La mission onsusienne constate par ailleurs que « les forces de défense et de sécurité gouvernementales ont également été responsables d’exécutions arbitraires, de mauvais traitements, d’arrestations et de détentions arbitraires ».

La visite du pape François fin novembre 2015 et l’élection dans le calme du président Faustin-Archange Touadéra fin mars 2016 avaient apporté un espoir de stabilisation qui reste fragile, surtout en dehors de la capitale, Bangui.

Le rapport recommande aux autorités de Centrafrique de donner la priorité à « la lutte contre l’impunité » et demande le soutien de la communauté internationale.