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Égypte : le pouvoir accuse les Frères musulmans d’avoir commandité l’attentat contre les Coptes au Caire

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Mis à jour le 13 décembre 2016 à 08:41

Funérailles des victimes décédées dans l’attentat contre la communauté copte, dans l’Église de Saint-Pierre-et-Saint-Paul du Caire, le 12 décembre 2016. © Nariman El-Mofty/AP/SIPA

Le ministère de l’Intérieur égyptien a accusé lundi les dirigeants des Frères musulmans d’avoir entraîné et financé les auteurs de l’attentat qui a fait 25 morts dans une église du Caire dimanche. La confrérie nie toute implication dans cette attaque.

« Son auteur est Mahmoud Chafiq Mohamed Mostafa, 22 ans, qui s’est fait exploser avec une ceinture explosive », faisant 25 morts à l’intérieur de l’église de Saint-Pierre-et-Saint-Paul au Caire, mitoyenne de la cathédrale copte Saint-Marc, où siège le pape Tawadros II, a affirmé lundi 12 décembre le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. Or, lorsqu’il avait été arrêté en 2014, le kamikaze assurait la sécurité des convois des Frères musulmans.

Selon un communiqué du ministère de l’Intérieur, qui affirme que le test ADN réalisé à partir du cadavre du kamikaze a permis de l’identifier, Mahmoud Chafiq Mohamed Mostafa avait été remis en liberté la même année. Depuis, il était recherché dans le cadre de deux autres dossiers, datant de 2015 et en lien avec des groupes fondamentalistes musulmans, précise le communiqué du ministère.

Au cours de l’enquête, deux ceintures explosives prêtes à exploser ainsi que des produits permettant la fabrication d’engins explosifs ont été retrouvés dans une planque du kamikaze et son groupe.

Les Frères musulmans rejettent toute responsabilité

Les Frères musulmans ont nié toute implication dans cette attaque, qui n’a toujours pas été revendiquée et qui a fait un nombre record de morts au sein de la communauté copte égyptienne.

Plus tôt dans la journée de lundi, le président égyptien avait annoncé l’arrestation de quatre suspects, trois hommes et une femme, dans le cadre de l’enquête. Ces quatre suspects seront présentés à la sûreté de l’État égyptien.

Selon le ministère de l’Intérieur qui a également révélé leur identité, il s’agit de Rami Mohamed Abdel Hameed Abdel Ghani, qui est soupçonné d’avoir caché les explosifs et d’avoir logé et préparé le kamikaze ; les trois autres personnes arrêtées sont Mohsen Mostafa el-Sayed Qassem, Mohamed Hamdi Abdel Hamid Abdel Ghani et Ola Hussein Mohamed Ali, la femme.

D’autres suspects recherchés

Toujours selon le communiqué du ministère de l’Intérieur, les autorités continuent de rechercher d’autres suspects. Parmi eux, Mohab Mostafa el-Sayed Qassem, surnommé « Le Docteur », qui dirigeait le groupe.

Il s’était rendu en 2015 au Qatar pour rejoindre les dirigeants des Frères musulmans qui avaient fui l’Égypte. Ces derniers lui auraient offert un soutien logistique et financier afin de mener des attaques terroristes en Égypte. À son retour en Égypte, il se serait rendu dans le nord du Sinaï pour s’entraîner au maniement des armes et à la fabrication d’explosifs.

Une fois au Caire, les Frères musulmans lui auraient, depuis le Qatar, donné des instructions pour préparer un attentat contre la communauté copte égyptienne. Il aurait ensuite entraîné, dans le quartier al-Zeitoun du Caire, des personnes pour mener l’attentat.

L’attentat le plus meurtrier depuis 2011

Ces attaques avaient pour objectif « de créer un conflit religieux à grande échelle », a déclaré le ministère de l’Intérieur. Un groupe nommé le Conseil révolutionnaire égyptien, une branche présumée des Frères musulmans, avait publié une déclaration le 5 décembre « jurant de cibler les chefs de l’église orthodoxe en raison de son soutien à l’État ».

La communauté copte égyptienne n’avait pas connu d’attentat aussi meurtrier depuis l’attentat à la voiture piégée qui avait fait 23 morts le 1er janvier 2011, après la messe du Nouvel An à Alexandrie.