Économie

Open data : trois projets africains qui changent le quotidien

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Mis à jour le 12 décembre 2016 à 14h26
Cartographie des transports à Accra.

Cartographie des transports à Accra. © Capture d'écran

Le quatrième sommet mondial du Partenariat pour un Gouvernement Ouvert (OGP) s’est déroulé du 7 au 9 décembre à Paris. Retour sur les trois meilleures initiatives africaines en faveur de l’ouverture des données présentées à cette occasion.

U-Report mobilise les citoyens camerounais par SMS

L’outil U-Report, développé par l’Unicef en Ouganda en 2012, est piloté par le Ministère de la Jeunesse et de l’Éducation civique et par l’Assemblée nationale au Cameroun depuis avril 2015. Il vise à encourager, par SMS, la participation citoyenne sur les thématiques de l’éducation, de la santé, de l’accès à l’eau, ou encore de l’assainissement.

Des bénévoles, généralement très jeunes (entre 18 et 30 ans principalement) appelés U-Reporters, peuvent ainsi livrer leurs observations ou leurs propositions sur des sujets liés au développement de leur pays. Il suffit de posséder un téléphone mobile, d’envoyer un simple SMS à un numéro gratuit, le 85 55, puis de renseigner quelques informations personnelles pour devenir U-reporter.

Une fois que les équipes Unicef ont déterminé un sujet (sur le mariage des jeunes filles avant 18 ans ou sur la participation des jeunes au débat social par exemple), elles envoient une question par SMS aux U-reporters.

Les réponses sont ensuite analysées en fonction de l’âge des participants, de la zone géographiques des sondés. Puis les résultats des sondages, les articles et autres informations sont partagés en ligne avec les U-Reporters, les pouvoirs publics et la population.

Capture d'écran.

© Capture d’écran.

En Côte d’Ivoire, la cartographie facteur de développement économique

OpenStreetMap (OSM), plateforme en ligne de cartographie collaborative créée en 2004 réunit des bénévoles à travers le monde pour collecter – entre autres – des données sur les routes, les voies ferrées, les forêts ou sur les bâtiments.

De nombreux pays francophones d’Afrique de l’Ouest (Togo, Bénin, Burkina Faso), en raison de leurs carences sur les informations de ce type, ont lancé des initiatives locales et proposent des cartes thématiques (arrêts de bus, gares routières ou pharmacies de garde à Abidjan).

Capture d'écran.

© Capture d’écran.

« L’accès à une source numérique de données géographiques à jour, de qualité et ouverte reste difficile », déplore toutefois Emmanuel Bama, qui a co-fondé OpenStreetMap Côte d’Ivoire en 2013. Pour ce jeune ingénieur en informatique, « la maîtrise et la gestion de l’information géographique (IG) est un enjeu économique, politique et social de premier plan ».

La communauté OpenStreetMap Côte d’Ivoire organise d’ailleurs des sessions de formation gratuites à Abidjan et dans d’autres villes du pays pour apprendre les rudiments de la cartographie numérique.

Accramobile : améliorer les transports publics au Ghana

La capitale du Ghana, qui totalise 4 millions d’habitants, doit faire face au défi de l’organisation de son réseau de transport public. Si le trotro (ou taxi collectif) est le moyen de transport le plus répandu − « 70% des gens à Accra l’utilisent », selon Gwenael Prié chef de projet Télécoms et TIC à l’Agence Française de développement (AFD) −, il est aussi l’une des causes d’une circulation anarchique et d’embouteillages monstres.

Dans de nombreuses métropoles africaines (Abidjan, Dakar), cette situation ralentit le développement économique.

En 2015, l’Assemblée métropolitaine d’Accra (AMA) en charge de la réglementation du transport en partenariat avec l’AFD et l’Université Concordia de Montréal a collecté des données sur plus de 300 lignes de minibus (les Trotro) ainsi que sur une centaine d’arrêts, détaille Gwanael Prié.

Ces données, recueillies grâce à des smartphones et à leur fonction GPS, ont été étudiées par l’équipe en charge du projet, puis ont permis de concevoir la première carte du réseau de transports d’Accra.

Capture d'écran.

© Capture d’écran.

Cet état des lieux  doit permettre de développer de nouvelles infrastructures pour fluidifier le trafic routier.

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