Politique

Turquie : un groupe radical kurde revendique le double attentat qui a fait au moins 44 morts à Istanbul

Les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK), un groupe radical proche du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont revendiqué dimanche le double attentat qui a fait au moins 44 morts, dont 36 policiers, et plus de 155 blessés à Istanbul samedi soir.

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Mis à jour le 12 décembre 2016 à 11:18

Les proches des 30 policiers tués dans dans les deux explosions près du stade de Besiktas, à Istanbul, le 11 décembre. © Emrah Gurel/AP/SIPA

« Les TAK ont revendiqué l’attentat qui s’est produit hier à Istanbul », a ainsi rapporté l’agence de presse Firat, proche de la mouvance séparatiste kurde. Les deux explosions se sont produites près du stade de Besiktas, dans le cœur d’Istanbul.

« Nous avons assisté ce soir, à Istanbul, à la manifestation la plus hideuse du terrorisme », a dénoncé dans un communiqué le président turc Recep Tayyip Erdogan qui a participé à une réunion sécuritaire dimanche.

« Que ma nation et mon peuple en soient assurés : nous lutterons jusqu’au bout contre cette malédiction qu’est le terrorisme », a par ailleurs déclaré Recep Tayyip Erdogan lors d’un point presse à Istanbul. « Nous n’allons pas laisser [cet attentat] impuni. Ils paieront un lourd tribut », a poursuivi le chef de l’État turc.

Deux explosions

Les faits se sont produits samedi soir, autour de 22h30, heure locale. Alors que le match était terminé depuis deux heures, une voiture piégée a visé un car de transport des forces anti-émeutes près du stade de l’équipe de football de Besiktas, un quartier touristique sur les bords du Bosphore. Moins d’une minute plus tard, un kamikaze s’est fait exploser au milieu d’un groupe de policiers dans le parc voisin de Macka, toujours selon les autorités.

Les accès au quartier du stade ont rapidement été fermés. Les autorités turques ont interdit de diffuser des images de l’attaque. En lien avec le double-attentat, 13 personnes ont été placées en garde à vue, a annoncé le Premier ministre turc.

Des milliers de manifestants

La Turquie a décrété dimanche journée de deuil national. Selon des images retransmises en direct par les chaînes de télévision, le président turc, qui a dû reporter une visite prévue au Kazakhstan, et le premier ministre ont assisté dimanche matin à une cérémonie d’adieu aux policiers.

Des milliers de personnes ont par ailleurs manifesté près du stade d’Istanbul où ont eu lieu ces attaques alors que les premières victimes étaient enterrées lors d’une cérémonie militaire.

Réactions internationales

L’ambassade des États-Unis à Ankara a condamné sur Twitter une « attaque lâche » et a assuré se tenir « aux côtés du peuple turc contre le terrorisme ».

« La France apporte son plein soutien à la Turquie dans cette nouvelle épreuve », a de son côté déclaré le président François Hollande, tandis que le Royaume-Uni s’est dit, par l’intermédiaire de son ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, « déterminé à travailler avec la Turquie pour combattre le terrorisme ».

Le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a également condamné « les actes horribles de terrorisme », assurant que l’organisation se tenait aux côtés de « notre allié la Turquie » et restait « déterminée à combattre le terrorisme sous toutes ses formes ».

Plusieurs attentats revendiqués par le TAK

Les Faucons de la liberté du Kurdistan ont revendiqué trois attentats cette année, un attentat-suicide à Ankara en février (28 morts), une attaque à Ankara en mars (37 morts) et un attentat à la voiture piégée le 7 juin à Istanbul (11 morts).