Politique

Gambie : Yahya Jammeh, la vie devant soi…

Mis à jour le 8 décembre 2016 à 18:04
KAM

Par KAM

Annick Kamgang, dite KAM, est une dessinatrice franco-camerounaise.

La défaite de Yahya Jammeh à l’élection présidentielle gambienne du 1er décembre a frappé les esprits.

Le désormais ex-président gambien, connu dans les médias pour ses frasques et fanfaronnades, aura donc étonné jusqu’au bout ses compatriotes en félicitant le vainqueur une heure avant l’annonce officielle des résultats par la Commission électorale indépendante, et en reconnaissant sa défaite dans une allocution télévisée quelques heures plus tard.

Un fair-play salué par les Gambiens et par la communauté internationale, mais qui tranche nettement avec les vingt deux années de règne sans partage d’un autocrate arrivé à la tête de la Gambie par un coup d’État en 1994, et qui se présentait pour un cinquième mandat dans une élection présidentielle dont les pronostics ne laissaient a priori aucune place à l’alternance démocratique. On en oublierait presque la victoire tout aussi historique d’Adama Barrow, un homme d’affaires de 51 ans encore inconnu du grand public il y a plusieurs mois.

La question actuelle qui brûle les lèvres des Gambiens est liée à l’avenir de Yahya Jammeh

Mais enfin, même si la « chute » du dictateur Yahya Jammeh est pacifique et qu’elle mérite d’être saluée, la question actuelle qui brûle les lèvres des Gambiens est liée à l’avenir de ce dernier : en retraite politique dans son village natal selon ses vœux, à la Cour pénale internationale, alors qu’il a été à l’initiative du retrait de la Gambie du Statut de Rome, ou enfin, dernière possibilité, devant la justice gambienne, afin qu’il réponde des crimes commis pendant son règne ?