Société

Afrique du Sud : les deux fermiers blancs qui avaient tenté d’enfermer un ouvrier noir dans un cercueil restent en prison

Le tribunal de Middelburg, au nord-est de l’Afrique du Sud, a refusé jeudi la libération conditionnelle de deux fermiers blancs qui ont tenté d’enfermer vivant un jeune ouvrier noir dans un cercueil.

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Mis à jour le 8 décembre 2016 à 18:05

Des membres des Combattants de la Liberté Économique, le parti de gauche sud-africain qui a réagi en novembre 2016 à l’agression raciste perpétrée par deux hommes blancs dans le nord-est du pays, en août de la même année. © Themba Hadebe/AP/SIPA

La prochaine audience des deux agresseurs, Willem Oosthuizen, 28 ans, et Theo Martins Jackson, 29 ans, est prévue pour le 25 janvier 2017. Ils resteront en cellule d’ici là.

Confondus par une vidéo d’une vingtaine de secondes réalisée par l’un de leurs téléphones, les deux fermiers blancs sont filmés tentant d’enfermer Victor Mlotshwa, un ouvrier noir de 27 ans, dans un cercueil. Les faits remontent au mois d’août et se sont déroulés dans une ferme de la province sud-africaine du Mpumalanga (nord-est). C’est cette vidéo qui a permis l’arrestation des agresseurs en novembre dernier. Ils sont par ailleurs accusés d’avoir menacé de brûler l’ouvrier vivant et de jeter un serpent dans le cercueil.

Jugement applaudi

« Ce ne serait pas dans l’intérêt de la justice que les accusés soient libérés sous caution », a annoncé le juge Jongilizwe Dumehleli après la lecture d’un jugement de plus de deux heures applaudi par le public de la salle d’audience. Les deux fermiers ont affirmé dans un document remis par leur avocat au tribunal qu’ils avaient tenté de « donner une leçon » à Victor Mlotshwa, qui était entré sur une propriété privée. Ils ont également nié être racistes.

Le tribunal a néanmoins affirmé jeudi que les deux agresseurs avaient traité leur victime de « kaffir », une insulte raciste fréquemment utilisée pendant l’apartheid pour désigner la communauté noire.