Économie

Burkina Faso : mobilisons l’ensemble des acteurs autour du financement du PNDES !

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Cheick Kanté est représentant résident de la Banque mondiale au Burkina Faso

Laure Nadine est membre de SOS/Jeunesse et défis, une association basée à Ouagadougou, au Burkina Faso © Jeff Attaway / Flickr Creative Commons

Après avoir démontré sa capacité de résilience politique suite aux événements d’octobre 2014, le Burkina Faso s’est doté d’un nouveau référentiel de développement à travers lequel seront fédérées toutes les interventions de l’Etat, des partenaires techniques et financiers, du secteur privé pour la période 2016-2020.

Le Groupe de la Banque mondiale sollicité par le gouvernement du Burkina Faso pour aider à organiser la Conférence des partenaires du Burkina Faso sur le financement du Plan national de développement économique et social (PNDES), prévue du 7 au 8 décembre à Paris, travaille en synergie avec plusieurs ministères pour la réussite de cet événement.

Le PNDES repose sur trois axes stratégiques, bâtis autour de la gouvernance économique, le développement du capital humain et la transformation structurelle de l’économie et du développement du secteur privé.

La mise en œuvre de cet ambitieux plan nécessitera plus de 15 000 milliards de francs CFA (22 000 milliards de dollars environ). L’État burkinabé financera 64 % du PNDES, soit 10 000 milliards de francs CFA. Afin de couvrir le besoin additionnel de financement de 5 000 milliards de francs CFA, nécessaires à la mise en œuvre du Plan pour la période 2016-2020, la conférence de Paris réunira entre autres, les partenaires multilatéraux et bilatéraux, les investisseurs privés, les fonds souverains et les ONG.

Plusieurs facteurs concourent à mobiliser ces sources de financements en faveur du Burkina Faso :
● Le pays a connu une croissance moyenne au-dessus de 6% durant la dernière décennie. Après un fléchissement à 4% en 2014 et 2015 lié à l’incertitude politique pendant la transition politique, la croissance économique sur le moyen terme se situe autour de 5,4%.

● En dépit de la conjoncture économique internationale difficile marquée par la baisse des cours de l’or et du coton (principaux produits d’exportation du Burkina Faso), le pays a maintenu le cap en matière de notation de l’évaluation de la performance des institutions nationales (plus connu sous son acronyme CPIA) grâce à un paquet de réformes ambitieuses.

● Le Burkina Faso offre des opportunités réelles au secteur privé. Depuis 2006, le pays s’est engagé dans un vaste programme de réformes visant l’amélioration du climat des affaires en vue de garantir au secteur privé un cadre propice. Ces réformes ont permis la mise en place d’un cadre légal, réglementaire et administratif simplifié, transparent et prédictible pour les affaires. Plusieurs institutions de promotion et d’accompagnement des investissements ont aussi vu le jour. Des outils et des mécanismes de facilitation et de sécurisation des investissements privés ont également été mis en place. La constance de ces efforts, couplée avec la volonté affichée des nouvelles autorités du pays de faire de l’environnement des affaires, un axe fort de la politique de développement, offre de meilleures perspectives pour les investisseurs privés.

● Le PNDES accorde une forte priorité aux partenariats public-privé (PPP) qui sont de plus en plus privilégiés dans les modèles de financements de projets structurants. Le pays peut tirer avantage de ce mode de financement car les PPP peuvent contribuer à une utilisation plus efficace des ressources publiques, une accélération de la réalisation des projets, une répartition optimale des risques et des responsabilités entre le public et le privé et une qualité durable des biens et services publics.

● Enfin, il faut prendre en compte la résilience politique du pays, qui est un gage de stabilité et de continuité.

Depuis 1963, notre institution finance au Burkina des projets structurants qui s’attaquent à la pauvreté et à travers des secteurs clés tels que l’énergie, l’agriculture, les infrastructures, les télécommunications, l’emploi des jeunes. Notre portefeuille s’élève à 1,6 milliard de dollars et comprend une vingtaine de projets, ce qui fait de nous le premier partenaire technique et financier du pays. Le montant du portefeuille devrait croître davantage avec les prévisions optimistes du cycle de reconstitution des fonds de l’Association internationale de développement (IDA), guichet du Groupe de la Banque dédié aux pays les plus pauvres.

Le PNDES redéfinit le cadre de développement du Burkina Faso et dévoile des ambitions à la fois grandes et réalistes, qui s’appuient sur les atouts du pays. Le Groupe de la Banque mondiale est engagé aux côtés du Burkina Faso pour transformer ces ambitions en réalité.

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