Politique

Nigeria : Sanusi Lamido Sanusi, un émir dans la ligne de mire de Boko Haram

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Le jour de la nomination de Sanusi Lamido Sanusi, le 9 juin 2014.

Le jour de la nomination de Sanusi Lamido Sanusi, le 9 juin 2014. © Aminu Abubakar/AFP

L’attentat perpétré par Boko Haram contre la grande mosquée de Kano sonne comme un avertissement pour Sanusi Lamido Sanusi, ancien patron de la Banque centrale devenu chef religieux de la ville.

Le nouvel émir de Kano, Sanusi Lamido Sanusi, n’est pas homme à se laisser impressionner. Ni par le gouvernement ni par les miliciens de Boko Haram. Le deuxième plus haut responsable religieux du pays, 53 ans, a été nommé en juin dernier dans cette ville du Nord à la suite de son limogeage, en février, du poste de gouverneur de la Banque centrale du Nigeria.

Sa faute : avoir publiquement accusé la Nigerian National Petroleum Company (NNPC) d’avoir détourné 20 milliards de dollars (environ 16 milliards d’euros) des revenus du pétrole. Aujourd’hui, Sanusi Lamido Sanusi a un nouvel adversaire : Boko Haram. Le nord du pays est à majorité musulmane, mais la secte islamiste tue sans distinction de religion, accusant les habitants de ne pas appliquer correctement la charia ou d’être vendus au gouvernement.

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En mai 2013, le président nigérian, Goodluck Jonathan, avait décrété l’état d’urgence dans trois États du Nord-Est : Borno, Adamawa et Yobe, à 300 km à l’est de la ville de Kano, laquelle compte 10 millions d’habitants et fait l’objet d’attaques régulières. Alors que l’armée nigériane semble incapable de maîtriser l’avancée des terroristes, l’ancien banquier n’a quant à lui pas hésité à encourager la population à s’organiser en milices d’autodéfense, se mettant ainsi à dos la police fédérale, qui y voit un "appel à l’anarchie".

Triple attentat suicide

L’état d’urgence a pris fin le 20 novembre et, huit jours plus tard, un attentat a fait au moins 120 morts et près de 300 blessés dans la mosquée centrale de Kano, accolée au palais de Sanusi… Est-il devenu la cible de Boko Haram ? L’émir balaie l’hypothèse d’un revers de main : pour lui, ce triple attentat-suicide, un jour de grande prière (à laquelle il était, cette fois, absent), était préparé de longue date et ne le visait pas directement.

"Nous ne nous laisserons jamais intimider", a réaffirmé Sanusi au lendemain du drame. Il ne serait pas le premier chef religieux à faire les frais de ses propos contre Boko Haram : son prédécesseur a été l’objet de plusieurs tentatives de meurtre, et l’émir de Gwoza, dans l’État de Borno, a été assassiné en mai dernier.

>> Lire aussi : Lamido Sanusi : la polémique de trop

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