Politique économique

Standard and Poor’s maintient la note souveraine du Burkina Faso

| Par Jeune Afrique
Mis à jour le 06 décembre 2016 à 17h53
Mine d'or de Semafo au Burkina Faso.

Mine d'or de Semafo au Burkina Faso. © Semafo

L’agence de notation reste positive sur la situation économique du pays après une élection présidentielle pacifique et en raison de la production minière d’or en forte hausse. Mais le PIB par habitant du Burkina reste faible et la situation sociale et sécuritaire préoccupante.

Standard and Poor’s maintient la note souveraine du Burkina Faso à B-/B avec une perspective positive, selon un communiqué rendu public le 5 décembre. Pour l’agence de notation américaine, le pays évolue dans la bonne direction depuis l’élection pacifique à la présidence de la République de Roch Marc Christian Kaboré l’année dernière et grâce à l’exploitation croissante des mines d’or. Cette note reste cependant contrainte par la faiblesse du revenu par habitant et l’absence de flexibilité monétaire.

Alors que le pays connaît un retour au calme, deux ans après la fin de l’ère Baise Compaoré, au pouvoir pendant vingt-sept ans, S&P s’attend à ce que le nouveau gouvernement « reste engagé dans la conduite de réformes politiques et économiques afin d’améliorer le climat des affaires ». En octobre 2015, l’agence de notation avait maintenu sa note de B-/B en dépit de la tentative de coup d’Etat du général Diendéré.

« Grâce aux élections pacifiques de l’an dernier et compte tenu de l’importance stratégique du Burkina Faso dans la région », S&P table sur un soutien accru des bailleurs de fonds ces prochaines années. Le Burkina Faso émet régulièrement des bons du Trésor et a également émis quelques obligations de moyen terme. Autre signe encourageant : adopté en mai dernier, le Plan national de développement économique et social (PNDES) pour la période 2016-2020 visera notamment à moderniser l’administration mais aussi promouvoir les secteurs clé tels que l’agriculture et l’énergie.

L’or devant le coton

Sur la même période, entre 2016 et 2019, la croissance du PIB devrait se chiffrer à 6,4 % par an en moyenne et être portée en grande partie par la hausse de la production minière d’or. Celle-ci est passé d’à peine de cinq tonnes par an environ en 2008 à plus de 35 tonnes l’année dernière grâce à l’entrée en service de nouvelles mines. De nouvelles mines d’or devraient également entrer en exploitation ces prochaines années et, ajoute Standard and Poor’s, « le métal jaune a dépassé le coton comme principale source de recettes d’exportation ». En 2015, l’or représentait ainsi 63 % du total des exportations, contre  17 % pour le coton.

Cependant, si  la croissance tendancielle du PIB réel par habitant se situe à 2,8 %, celui-ci restera d’environ 600 dollars en 2016, soit l’un des plus bas parmi tous les pays que note S&P. Par ailleurs, la situation sociale et sécuritaire reste préoccupante, rappelle l’agence de notation, comme le prouve l’attaque revendiquée par des militants islamistes qui a fait 30 victimes dans la capitale le 15 janvier dernier. Le chômage est élevé, notamment parmi les jeunes, qui représentent la majorité des sans-emplois burkinabè.

Enfin, si l’appartenance du Burkina Faso à l’UEMOA le protège des chocs externes, elle constitue cependant un handicap, estime Standard and Poor’s. L’arrimage du franc CFA à l’euro contribue à contenir l’inflation, avec toutefois des flambées temporaires de prix causées par les fluctuations des cours des matières premières et des variations de la production agricole liées aux conditions météorologiques. L’agence de notation estime toutefois que ce régime de parité fixe et l’appartenance à une union monétaire réduisent la flexibilité monétaire du Burkina Faso.

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