Politique

Zimbabwe : Mugabe démet la vice-présidente et huit ministres proches d’elle

Nouvelle étape dans la guerre de succession à Robert Mugabe. Celui-ci a démis de ses fonctions Joice Mujuru, vice-présidente du Zimbabwe, qui faisait jusque-là figure de probable héritière du vieux chef de l’État, au pouvoir depuis trente-quatre ans.

Mis à jour le 9 décembre 2014 à 18:37

Robert Mugabe et sa vice-présidente Joice Mujuru à Harare le 24 octobre 2014. © Jekesai Njikizana/AFP

Exclue la semaine dernière du comité central de la Zanu PF, qui a reconduit Robert Mugabe à sa tête et placé son épouse Grace à la tête de l’influente Ligue des femmes, la vice-présidente Joice Mujuru a été démise de ses fonctions, mardi 9 décembre, ainsi que huit ministres proches d’elle.

"Le président RG Mugabe a exercé ses pouvoirs exécutifs pour libérer l’honorable Joice Mujuru (…) de son poste de vice-présidente de la République du Zimbabwe, avec effet immédiat", a indiqué dans un communiqué le secrétaire en chef du gouvernement, Misheck Sibanda.

"Il est devenu évident que sa conduite dans l’exercice de ses fonctions était devenue incompatible avec le niveau attendu, présentant un conflit entre les responsabilités officielles et des intérêts privés", a-t-il ajouté.

Attaques incessantes

Veuve d’un ancien compagnon d’armes du président, décédé en 2011 dans le mystérieux incendie de leur maison, Joice Mujuru était considérée comme probable héritière du vieux Robert Mugabe, 90 ans. Mais elle était la cible des attaques incessantes d’une partie de la Zanu-PF qui l’a accusée d’incompétence, de corruption, voire de complot pour assassiner le président, au pouvoir depuis 1980.

Robert Mugabe a également congédié mardi huit ministres proche de Mme Mujuru (Affaires présidentielles, Information et Communication, Indigénisation, Éducation supérieure, Services publics, Énergie et province du Mashonaland oriental).

Guerre de succession

Une nouvelle étape dans la guerre de succession à Mugabe qui oppose notamment Joice Mujuru et le ministre de la Justice Emmerson Mnangagwa – qui dans le passé a contrôlé la police secrète et l’armée. À 68 ans, ce dernier vient d’être nommé au comité central du parti, et semble maintenant bien revenu dans la course où Grace Mugabe compte aussi jouer un rôle important.

Robert Mugabe doit désigner mercredi ou jeudi les deux nouveaux vice-présidents de la Zanu-PF, de même qu’il doit compléter son équipe gouvernementale.

(Avec AFP)